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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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261
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ACTE V, SCENE I.

Mon cœur, je lavouerai, lui pardonne en secret,

Et lui laisse le reste avec moins de regret.

Quoi ! je ne serai plus séparé de vos charmes !

Quoi ! môme en ce moment je puis voir sans alarmesCes yeux que nont émus ni soupirs ni terreur,

Qui mont sacrifié lempire et lempereur IAh madame!... Mais quoi! quelle nouvelle crainteTient parmi mes transports votre joie en contrainte?

D vient quen mécoutant, vos yeux, vos tristes yeux,Avec de longs regards se tournent vers les cieux?Quest-ce que vous craignez?

JUNTE.

Je lignore moi-môme :

Mais je crains.

BRITANNICUS.

Vous maimez?

JUNIE.

Hélas ! si je vous aime !

BRITANNICUS.

Néron ne trouble plus notre félicité.

JUNIE.

Mais me répondez-vous de sa sincérité?

BRITANNICUS.

Quoi! vous le soupçonnez dune haine couverte?

JUNIE.

Néron maimait tantôt, il jurait votre perte;

Il me fuit, il vous cherche : un si grand changementPeut-il être, seigneur, louvrage dun moment?

BRITANNICUS.

Cet ouvrage, madame, est un coup dAgrippine :

Elle a cru que ma perte entraînait sa ruine.

Grâce aux préventions de son esprit jaloux,

Nos plus grands ennemis ont combattu pour nous.

Je men fie aux transports quelle ma fait paraître;

Je men fie à Burrhus : jen crois même son maître ;

Je crois quà mon exemple, impuissant à trahir,

11 hait à cœur ouvert, ou cesse de haïr.

JUNIE.

Seigneur, ne jugez pas de son cœur par le vôtre;

Sur des pas différents vous marchez lun et lautre.

Je ne connais Néron et la cour que dun jour :