258 ÜUITANNICUS.
Et ne souhaite pas que vous alliez plus loin.
NARCISSE.
Quoi I pour Britaunicus votre haine affaiblieMe défend...
NÉRON.
Oui, Narcisse; on nous réconcilie.
NARCISSE.
Je me garderai bien de vous en détourner,
Seigneur. Mais il s’est vu tantôt emprisonner :
Cette offense en son cœur sera longtemps nouvelle.
11 n’est point de secrets que le temps ne révèle :
U saura que ma main lui devait présenterUn poison que votre ordre avait fait apprêter.
Les dieux de ce dessein puissent-ils le distraire IMais peut-être il fera ce que vous n’osez faire.
NÉRON.
On répond de son cœur ; et je vaincrai le mien.
NARCISSE.
Et l’hymen de Junie en est-il le lieu?
Seigneur, lui faites-vous encor ce sacrifice?
NÉRON.
C’est prendre trop de soin. Quoi qu’il en soit, Narcisse,Je ne le compte plus parmi mes ennemis.
NARCISSE.
Agrippine, seigneur, se l’était bien promis :
Elle a repris sur vous son souverain empire.
NÉRON.
Quoi donc? Qu’a-t-elle dit? Et que voulez-vous dire?
NARCISSE.
Elle s’en est vantée assez publiquement.
NÉRON.
De quoi ?
NARCISSE.
Qu’elle n’avait qu’à vous voir un moment;Qu’à tout ce grand éclat, à ce courroux funeste,
On verrait succéder un silence modeste ;
Que vous-môme à la paix souscririez le premier :Heureux que sa bonté daignât tout oublier.
NÉRON.
Mais, Narcisse, dis-moi, que veux-tu que je fasse?Je n’ai que trop de pente à punir son audace;