ACTE IV, SCÈNE [V.
Vous pressait de souscrire à la mort d’un coupable;Vous résistiez, seigneur, à leur sévérité;
Votre cœur s’accusait de trop de cruauté ;
Et, plaignant les malheurs attachés à l’empire,
Je voudrais, disiez-vous, ne savoir pas écrire.
Non, ou vous me croirez, ou bien de ce malheurMa mort m’épargnera la vue et la douleur :
On ne me verra point survivre à votre gloire.
Si vous allez commettre une action si noire,
(se jetant aux pieds de Néron. )
Me voilà prêt, seigneur ; avant que de partir,
Faites percer ce cœur qui n’y peut consentir :
Appeler les cruels qui vous l’ont inspirée ;
Qu’ils viennent essayer leur main mal assurée...
Mais je vois que mes pleurs louchent mon empereur ;Je vois que sa vertu lrémit de leur fureur.
Ne perdez point de temps, nommez-moi les perfidesQui vous osent donner ces conseils parricides ;Appelez votre frère, oubliez dans ses bras...
NÉRON.
Ah! que demandez-vous?
BURRIIUS.
Non, il ne vous hait pas,Seigneur; on le trahit ■. je sais son innocence ;
Je vous réponds pour lui de son obéissance.
J’y cours. Je vais presser un entretien si doux.
NÉRON.
Dans mon appartement qu’il m’attende avec vous.
SCÈNE IY.
NÉRON, NARCISSE.
NARCISSE.
Seigneur, j’ai tout prévu pour une mort si juste ;
Le poison est tout prêt. La fameuse LocusteA redoublé pour moi ses soins officieux :
Elle a fait expirer un esclave à mes yeux ;
Et le fer est moins prompt pour trancher une vie,Que le nouveau poison que sa main me confie.
NÉRON.
Narcisse, c’est assez : je reconnais ce soin,