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Théâtre complet de J. Racine
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ACTE IV, SCÈNE III.

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SCÈNE 111.

NÉRON, BURRHUS.

BüMtmjs.

Que celte paix, seigneur, et ces embrassementsVont offrir à mes yeux de spectacles charmants 1Vous savez si jamais ma voix lui fut contraire,

Si de son amitié j’ai voulu vous distraire,

Et si j’ai mérité cet injuste courroux.

NÉRON.

Je ne vous flatte point, je me plaignais de vous,Burrhus; je vous ai crus tous deux d’intelligence :Mais son inimitié vous rend ma confiance.

Elle se hâte trop, Burrhus', de triompher :J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer.

BURRHUS

Quoi, seigneur!

NÉRON.

C’en est trop ; il faut que sa ruineMe délivre à jamais des fureurs d’Agrippiuc :Tant qu’il respirera, je ne vis qu’à demi.

Elle m’a fatigué de ce nom ennemi ;

Et je ne prétends pas que sa coupable audaceUne seconde fois lui promette ma place.

BURRHUS.

Elle va donc bientôt pleurer Britannicus?

NÉRON.

Avant la fin du jour je ne le craindrai plus.

BURR1IUS.

Et qui de ce dessein vous inspire l’envie?

NÉRON.

Ma gloire, mon amour, ma sûreté, ma vie.

BURRHUS.

Non, quoi que vous disiez, cet horrible desseinNe fut jamais, seigneur, conçu dans votre sein.

NÉRON.

Burrhus !

BURRHUS.

De votre bouche, oh ciel 1 puis-je l’apprendre ?Vous-même sans frémir avez-vous pu l’entendre?