ACTE II, SCÈNE VI.
NÉRON.
Je vous laisse.
Sa fortune dépend de vous plus que de moi :
Madame, en le voyant, songez que je vous voi.
SCÈNE V.
J UNIE, NARCISSE.
JUNIE.
Ali ! cher Narcisse, cours au-devant de ton maîtreIDis-lui... Je suis perduel et je le vois paraître.
SCÈNE VI.
JUNIE, BRITANNICUS, NARCISSE.
BRITANNICUS.
Madame, quel bonheur me rapproche de vous?
Quoi ! je puis donc jouir d’un entretien si doux ?
Mais parmi ce plaisir quel chagrin me dévore?
Hélas! puis-je espérer de vous revoir encore?
Faut-il que je dérobe, avec mille détours,
Un bonheur que vos yeux m’accordaient tous les jours?Quelle nuit ! quel réveil ! Vos pleurs, votre présenceN’ont point de ces cruels désarmé l’insolence ?
Que faisait votre amant? Quel démon envieuxM’a refusé l’honneur de mourir à vos yeux?llélas ! dans la frayeur dont vous étiez atteinte,M’avez-vous en secret adressé quelque plainte?
Ma princesse, avez-vous daigné me souhaiter?Songiez-vous aux douleurs que vous m’alliez coûter?...Vous ne me dites rien ! quel accueil ! quelle glace !Est-ce ainsi que vos yeux consolent ma disgrâce?
Parlez : nous sommes seuls. Notre ennemi, trompé,Tandis que je vous parle est ailleurs occupé :
Ménageons les moments de cette heureuse absence.
J UNIE.
Vous êtes en des lieux tout pleins de sa puissance :
Ces murs mémo, seigneur, peuvent avoir des yeux ;
Et jamais l’empereur n’est absent de ces lieux.
BRITANNICUS.
Et depuis quand , madame, êtes vous si craintive?
Quoi ! déjà votre amour souffre qu’on le captive?