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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
Seite
235
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ACTE II, SCÈNE VI.

NÉRON.

Je vous laisse.

Sa fortune dépend de vous plus que de moi :

Madame, en le voyant, songez que je vous voi.

SCÈNE V.

J UNIE, NARCISSE.

JUNIE.

Ali ! cher Narcisse, cours au-devant de ton maîtreIDis-lui... Je suis perduel et je le vois paraître.

SCÈNE VI.

JUNIE, BRITANNICUS, NARCISSE.

BRITANNICUS.

Madame, quel bonheur me rapproche de vous?

Quoi ! je puis donc jouir dun entretien si doux ?

Mais parmi ce plaisir quel chagrin me dévore?

Hélas! puis-je espérer de vous revoir encore?

Faut-il que je dérobe, avec mille détours,

Un bonheur que vos yeux maccordaient tous les jours?Quelle nuit ! quel réveil ! Vos pleurs, votre présenceNont point de ces cruels désarmé linsolence ?

Que faisait votre amant? Quel démon envieuxMa refusé lhonneur de mourir à vos yeux?llélas ! dans la frayeur dont vous étiez atteinte,Mavez-vous en secret adressé quelque plainte?

Ma princesse, avez-vous daigné me souhaiter?Songiez-vous aux douleurs que vous malliez coûter?...Vous ne me dites rien ! quel accueil ! quelle glace !Est-ce ainsi que vos yeux consolent ma disgrâce?

Parlez : nous sommes seuls. Notre ennemi, trompé,Tandis que je vous parle est ailleurs occupé :

Ménageons les moments de cette heureuse absence.

J UNIE.

Vous êtes en des lieux tout pleins de sa puissance :

Ces murs mémo, seigneur, peuvent avoir des yeux ;

Et jamais lempereur nest absent de ces lieux.

BRITANNICUS.

Et depuis quand , madame, êtes vous si craintive?

Quoi ! déjà votre amour souffre quon le captive?