231 ERITANXICUS.
Madame, il va bientôt paraître devant vous.
JUNIE.
Ali seigneur! vos vertus m’ont toujours rassurée.
NERON.
Je pouvais de ces lieux lui défendre l’entrée ;
Mais, madame, je veux prévenir le dangerOii son ressentiment le pourrait engager.
Je 11 e veux point le perdre ; il vaut mieux que lui-mêmeEntende son arrêt de la bouche qu’il aime.
Si ses jours vous sont cliers, éloignez-le de vous,
Sans qu’il ait aucun lieu de me croire jaloux.
De son bannissement prenez sur x r ous l’offense ;
Et, soit par vos discours, soit par votre silence,
Du moins par vos froideurs, faites-lui concevoirQu’il doit porter ailleurs ses voeux et son espoir.
J UNIE.
Moi ! que je lui prononce un arrêt si sévère !
Sla bouche mille fois lui jura le contraire.
Quand même jusque là je pourrais me trahir,
Mes yeux lui défendront, seigneur, de m’obéir.
NÉRON.
Caché près de ces lieux, je vous verrai, madame.Renfermez votre amour dans le fond de votre àme :Vous n’aurez point pour moi de langages secrets ;J’entendrai des regards que vous croirez muets ;
Et sa perle sera l’infaillible salaire
D’un geste ou d’un soupir échappé pour lui plaire.
JUNIE.
Hélas! si j’ose encor former quelques souhaits,Seigneur, permettez-moi de ne le voir jamais.
SCÈNE IV.
NÉRON, JUNIE, NARCISSE.
NARCISSE.
Rritannicus, seigneur, demande la princesse;
Il approche.
NÉRON.
Qu’il vienne.
JUNIE.
Ah seigneur!