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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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234
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231 ERITANXICUS.

Madame, il va bientôt paraître devant vous.

JUNIE.

Ali seigneur! vos vertus mont toujours rassurée.

NERON.

Je pouvais de ces lieux lui défendre lentrée ;

Mais, madame, je veux prévenir le dangerOii son ressentiment le pourrait engager.

Je 11 e veux point le perdre ; il vaut mieux que lui-mêmeEntende son arrêt de la bouche quil aime.

Si ses jours vous sont cliers, éloignez-le de vous,

Sans quil ait aucun lieu de me croire jaloux.

De son bannissement prenez sur x r ous loffense ;

Et, soit par vos discours, soit par votre silence,

Du moins par vos froideurs, faites-lui concevoirQuil doit porter ailleurs ses voeux et son espoir.

J UNIE.

Moi ! que je lui prononce un arrêt si sévère !

Sla bouche mille fois lui jura le contraire.

Quand même jusque je pourrais me trahir,

Mes yeux lui défendront, seigneur, de mobéir.

NÉRON.

Caché près de ces lieux, je vous verrai, madame.Renfermez votre amour dans le fond de votre àme :Vous naurez point pour moi de langages secrets ;Jentendrai des regards que vous croirez muets ;

Et sa perle sera linfaillible salaire

Dun geste ou dun soupir échappé pour lui plaire.

JUNIE.

Hélas! si jose encor former quelques souhaits,Seigneur, permettez-moi de ne le voir jamais.

SCÈNE IV.

NÉRON, JUNIE, NARCISSE.

NARCISSE.

Rritannicus, seigneur, demande la princesse;

Il approche.

NÉRON.

Quil vienne.

JUNIE.

Ah seigneur!