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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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231
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ACTE JI. SCÈNE 111.

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Il iia point détourné ses regards dune fdleSeul reste du débris dune illustre famille :

Peut-être il se souvient quen un temps plus heureuxSon père me nomma pour lobjet de ses vœux.

11 maime ; il obéit à lempereur son père,

Et jose dire encore, à vous, à votre mère :

Vos désirs sont toujours si conformes aux siens...

NÉnoN.

Ma mère a ses desseins, madame ; et jai les miens.

Ne parlons plus ici de Claude et dAgrippine ;

Ce nest point par leur choix que je me détermine.Cest à moi seul, madame, à répondre de vous;

Et je veux de ma main vous choisir un époux.

JUNIE.

Ah seigneur ! songez-vous que toute autre allianceFera honte aux Césars, auteurs de ma naissance?

NÉRON.

Non, madame ; lépoux dont je vous entretiensPeut sans honte assembler vos aïeux et les siens ;

Vous pouvez, sans rougir, consentir à sa flamme.

JUNIE.

Et quel est donc, seigneur, cet époux?

NÉRON.

Moi, madame.

JUNIE.

Vous !

NÉRON.

Je vous nommerais, madame, un autre nom,

Si jen savais quelque autre au-dessus de Néron.

Oui, pour vous faire un choix vous puissiez souscrire,Jai parcouru des yeux la cour, Rome, et lempire.

Plus jai cherché, madame, et plus je cherche encorEn quelles mains je dois confier ce trésor,

Plus je vois que César, digne seul de vous plaire,

En doit être lui seul lheureux dépositaire,

Et ne peut dignement vous confier quaux mainsA qui Rome a commis lempire des humains.

Vous-même, consultez vos premières années :

Claudius à son fils les avait destinées ;

Mais cétait en un temps de lempire entierIl croyait quelque jour le nommer lhéritier.