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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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226
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22Û

RRITANNICL'S.

Triste, levant an ciel ses yeux mouillés de larmes,Qui brillaient au travers des flambeaux et des armesRelie sans ornement, dans le simple appareilDune beauté qu'on vient darracher au sommeil.Que veux-tu? Je ne sais si cette négligence,

Des ombres, les flambeaux, les cris, et le silence,fît le farouche aspect de ses fiers ravisseurs,Relevaient de ses yeux les timides douceurs :

Quoi quil en soit, ravi dune si belle vue,

Jai voulu lui parler, et ma voix sest perdue :Immobile, saisi dun long étonnement,

Je lai laissé passer dans son appartement.

Jai passé dans le mien. Cest que, solitaire,

De son image en vain jai voulu me distraire.

Trop présente à mes yeux, je croyais lui parler .Jaimais jusquà ses pleurs que je faisais couler.Quelquefois, mais trop lard, je lui demandais grâceJemployais les soupire, et même la menace.

Voilà comme, occupé de mon nouvel amour,

Mes yeux sans se fermer ont attendu le jour.

Mais je men fais peut-être une trop belle image;

Elle mest apparue avec trop davantage :

Narcisse, quen dis-tu?

NARCISSE.

Quoi, seigneur! croira-t-onQuelle ait pu si longtemps se cacher à Néron?

NÉRON.

Tu le sais bien, Narcisse. Et, soit que sa colèreMimputât le malheur qui lui ravit son frère ;

Soit que son cœur, jaloux dune austère fierté,Enviât à nos yeux sa naissante beauté ;

Fidèle à sa douleur, et dans lombre enfermée,lïlle se dérobait même à sa renommée.

Et cest cette vertu, si nouvelle à la cour,

Dont la persévérance irrite mon amour.

Quoi, Narcisse ! tandis quil nest point de RomaineQue mon amour nhonore et ne rende plus vaine,Qui, dès quà ses regards elle ose se fier,

Sur le cœur de César ne les vienne essayer,

Seule, dans son palais, la modeste JunieRegarde leurs honneurs comme une ignominie,