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ACTE il, SCÈNE II.
Fuit, et ne daigne pas peut-être s’informerSi César est aimable, ou bien s’il sait aimer!Dis-moi, Britannicus Taime-t-il?
NAUCISSE.
Quoi ! s’il l’aime,
Seigneur?
NÉRON.
Si jeune encor, se connalt-il lui-même?D’un regard enchanteur connaît-il le poison?
NARCISSE.
Seigneur, l’amour toujours n’attend pas la raison.
N’en doutez point, il l’aime. Instruits par tant de charmes,Ses yeux sont déjà laits à l’usage des larmes ;
A ses moindres désirs il sait s’accommoder;
Et peut-être déjà sait-il persuader.
NÉRON'.
Que dis-tu? Sur son ceeur il aurait quelque empire?
NARCISSE.
Je ne sais. Mais, seigneur, ce que je puis vous dire,
Je l’ai vu quelquefois s’arracher de ces lieux,be cœur plein d’un courroux qu’il cachait à vos yeux,D’une cour qui le fuit pleurant l’ingratitude,
Las de votre grandeur et de sa servitude,
Entre l’impatience et la crainte llottant;
Il allait voir Junie, et revenait content.
NÉRON.
D’autant plus malheureux qu’il aura su lui plaire,
Narcisse, il doit plutôt souhaiter sa colère :
Néron impunément ne sera pas jaloux.
NARCISSE.
Vous? Et de quoi, seigneur, A'ous inquiétez-vous?
Junie a pu le plaindre et partager ses peines ;
Elle n’a vu couler de larmes que les siennes :
Mais aujourd’hui, seigneur, que ses yeux dessillés,Regardant de plus près l’éclat dont vous brillez,
Verront autour de vous les rois sans diadème,
Inconnus dans la foule, et son amant lui-même,
Attachés sur vos yeux, s’honorer d’un regardQue vous aurez sur eux fait tomber au hasard ;
Quand elle vous verra, de ce degré de gloire,
Venir en soupirant avouer sa victoire;