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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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216
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BRITANNICUS.

Lattentat que le jour vient de nous révéler ?

II sait, car leur amour ne peut être ignorée,

Que de Britanuicns Junie est adorée :

Et ce même Néron, que la vertu conduit,

Fait enlever Junie au milieu de la nuit 1

Que veut-il ? Est-ce haine, est-ce amour qui linspire ?

Cherche-t-il seulement le plaisir de leur nuire?

Ou plutôt nest-ce point que sa malignitéPunit sur eux lappui que je leur ai prêté?

ALBINE.

Vous leur appui, madame?

AGRIPPINE.

Arrête, chère Albine.

Je sais que jai moi seule avancé leur ruine ;Que du trône, le sang la faire monter,Britannicus par moi sest vu précipiter.

Par moi seule éloigné de lhymen dOctavie,

Le frère de Junie abandonna la vie,

Silanus, sur qui Claude avait jeté les yeux,

Et qui comptait Auguste au rang de ses aïeux.Néron jouit de tout : et moi, pour récompense,Il faut quentre eux et lui je tienne la balance,Afin que quelque jour par une même loiBritannicus la tienne entre mon fils et moi.

ALBINE.

Quel dessein !

ACRIPPINE.

Je massure un port dans la tempête.Néron méchappera, si ce frein ne larrête.

ALBINE.

Mais prendre contre un fils tant de soins superflus?

AGRIPPINE.

Je le craindrais bientôt sil ne me craignait plus.

ALBINE.

Une injuste frayeur vous alarme peut-être.

Mais si Néron pour vous nest plus ce quil doit être,Du moins son changement ne vient pas jusquà nous ;Et ce sont des secrets entre César et vous.

Quelque; titres nouveaux que Rome, lui défère,Néron nen reçoit point quil no donne à sa mère.

Sa prodigue amitié ne se réserve rien :