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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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217
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ACTE 1, SCÈNE I.

Votre nom est dans Komo aussi saint que le sien ;

A peine parle-t-on de la triste Octavie.

Auguste votre aïeul honora moins Livie.

Néron devant sa mère a permis le premierQuon portât des faisceaux couronnés de laurier.

Quels effets voulez-vous de sa reconnaissance?

AGRIPPINE.

Un peu moins de respect, et plus de confiance.

Tous ces présents, Albiue, irritent mon dépit :

Je vois mes honneurs croître, et tomber mon crédit.Non, non, le temps nest plus que Néron jeune encoreMe renvoyait les vœux dune cour qui ladore ;Lorsquil se reposait sur moi de tout lÉtat ;

Que mon ordre au palais assemblait le sénat;

Et que, derrière un voile, invisible et présente,

Jétais de ce grand corps l'âme toute-puissante.

Des volontés de Komo alors mal assuré,

Néron de sa grandeur nétait point enivré.

Ce jour, ce triste jour, frappe encor ma mémoire, Néron fut lui-même ébloui de sa gloire,

Quand les ambassadeurs de tant de rois diversVinrent le reconnaître au nom de lunivers.

Sur son trône avec lui jallais prendre ma place :Jignore quel conseil prépara ma disgrâce ;

Quoi quil en soit, Néron, daussi loin quil me vit,Laissa sur son visage éclater sou dépit.

Mon cœur même en conçut un malheureux augure.Lingrat, dun faux respect colorant son injure,

Se leva par avance, et, courant membrasser,

11 mécarta du trône je mallais placer.

Depuis ce coup fatal le pouvoir dAgrippineVers sa chute ù grands pas chaque jour sachemine.Lombre seule men reste, et Ton nimplore plusQue le nom de Sénèque et lappui de Kùrrhus.

ALBINE.

Ah ! si de ce soupçon votre âme est prévenue,Pourquoi nourrissez-vous le venin qui vous tue?Daignez avec César vous éclaircir du moins.

AGRIITINE.

César ne me voit plus, Albine, sans témoins :

En public, à mon heure, on me donne audience.racine. «