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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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159
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ACTE V, SCliNE V.

Voilà de ton amour le détestable fruit :

Tu mapportais, cruel, le malheur qui te suit.

Cest toi dont lambassade, à tous les deux fatale,

La fait pour son malheur pencher vers ma rivale.

Nous le verrions encor nous partager ses soins :

11 maimerait peut-être; il le feindrait du moins.

Adieu. Tu peux partir. Je demeure en Épire;

Je renonce à la Grèce, à Sparte, à son empire,

A toute ma famille ; et cest assez pour moi,

Traître, quelle ait produit un monstre comme toi.

SCÈNE IV.

ORESTE.

Que vois-je? est-ce Hermione? Et que viens-je dentendre?Pour qui coule le sang que je viens de répandre?

Je suis, si je len crois, un traître, un assassin.

Est-ce Pyrrhus qui meurt? et suis-je Oreste enfin?

Quoi ! jétouffe en mon cœur la raison qui méclaire ;Jassassine à regret un roi que je révère ;

Je viole en un jour les droits des souverains,

Ceux des ambassadeurs, et tous ceux des humains,

Ceux même des autels ma fureur lassiège ;

Je deviens parricide, assassin, sacrilège;

Pour qui? pour une ingrate à qui je le promets,

Qui même, sil ne meurt, ne me verra jamais,

Dont jépouse la rage : et quand je lai servie,

Elle me redemande et son sang et sa vie!

Elle laime ! et je suis un monstre furieux !

Je la vois pour jamais séloigner de mes yeux !

Et lingrate en fuyant me laisse pour salaireTous les noms odieux que jai pris pour lui plaire !

SCÈNE V.

ORESTE, PYLADE, soldats doreste.

PYLADE.

Il faut partir, seigneur. Sortons de ce palais,

Ou bien résolvons-nous de nen sortir jamais.

Nos Grecs pour un moment en défendent la porte;