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ACTE V, SCl’iNE V.
Voilà de ton amour le détestable fruit :
Tu m’apportais, cruel, le malheur qui te suit.
C’est toi dont l’ambassade, à tous les deux fatale,
L’a fait pour son malheur pencher vers ma rivale.
Nous le verrions encor nous partager ses soins :
11 m’aimerait peut-être; il le feindrait du moins.
Adieu. Tu peux partir. Je demeure en Épire;
Je renonce à la Grèce, à Sparte, à son empire,
A toute ma famille ; et c’est assez pour moi,
Traître, qu’elle ait produit un monstre comme toi.
SCÈNE IV.
ORESTE.
Que vois-je? est-ce Hermione? Et que viens-je d’entendre?Pour qui coule le sang que je viens de répandre?
Je suis, si je l’en crois, un traître, un assassin.
Est-ce Pyrrhus qui meurt? et suis-je Oreste enfin?
Quoi ! j’étouffe en mon cœur la raison qui m’éclaire ;J’assassine à regret un roi que je révère ;
Je viole en un jour les droits des souverains,
Ceux des ambassadeurs, et tous ceux des humains,
Ceux même des autels où ma fureur l’assiège ;
Je deviens parricide, assassin, sacrilège;
Pour qui? pour une ingrate à qui je le promets,
Qui même, s’il ne meurt, ne me verra jamais,
Dont j’épouse la rage : et quand je l’ai servie,
Elle me redemande et son sang et sa vie!
Elle l’aime ! et je suis un monstre furieux !
Je la vois pour jamais s’éloigner de mes yeux !
Et l’ingrate en fuyant me laisse pour salaireTous les noms odieux que j’ai pris pour lui plaire !
SCÈNE V.
ORESTE, PYLADE, soldats d’oreste.
PYLADE.
Il faut partir, seigneur. Sortons de ce palais,
Ou bien résolvons-nous de n’en sortir jamais.
Nos Grecs pour un moment en défendent la porte;