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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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158
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ANDROMAQUE.

Pour venir de ces lieux enlever ma princesse,

Et regagner le port, bientôt nos amisViendront couverts du sang que je vous ai promis.

IIERHIONE.

Quont-ils fait I

01! ESTE.

Pardonnez à leur impatience :

Ils ont, je le vois bien, trahi votre vengeance;

Vous vouliez que ma main portât les premiers c ups;Quil sentit en mourant quil expirait pour vous.

Mais cest moi dont lardeur leur a servi dexemple :Je les ai pour vous seule entraînés dans le temple,Madame; et vous pouvez justement vous flatterDune mort que leurs bras nont fait quexécuter.Vous seule avez poussé les coups...

HERMIONE.

Tais-toi, perfide,

Et nimpute quà toi ton lâche parricide.

Va faire chez tes Grecs admirer ta fureur,

Va; je la désavoue, et tu me fais horreur.

Barbare, quas-tu fait? avec quelle furieAs-tu tranché le cours dune si belle vie?

Avez-vous pu, cruels, limmoler aujourdhui,

Sans que tout votre sang se soulevât pour lui?

Mais parle ; de son sort qui ta rendu larbitre ?Pourquoi lassassiner? qua-t-il fait? à quel titre?

Qui te la dit?

ORESTE.

Oli dieux ! quoi ! ne mavez-vous pasVous-même, ici, tantôt, ordonné son trépas?

HERMIONE.

Ah ! fallait-il en croire une amante insensée?

Ne devais-tu pas lire au fond de ma pensée?

Et ne voyais-tu pas, dans mes emportements,

Que mon coeur démentait ma bouche à tous moments?Quand je laurais voulu, fallait-il y souscrire?

Nas-tu pas cent fois te le faire redire?

Toi-même avant le coup me venir consulter?

Y revenir encore, ou plutôt méviter ?

Que ne me laissais-tu le soin de ma vengeance?

Qui tamène en des lieux oii lon fuit ta présence?