Druckschrift 
Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
Seite
157
Einzelbild herunterladen
 

157

ACTE V, SCÈNE III.

Tout me sera Pyrrhus, fût-ce Oreste lui-même.Je mourrai. Mais au moins ma mort me vengera ;Je ne mourrai pas seule, et quelquun me suivra.

SCÈNE III.

ORESTE, HERMIONE, CLÉONE.

ORESTE.

Madame, cen est fait, et vous êtes servie :Pyrrhus rend à lautel son infidèle vie.

IIERMIONE.

Il est mort!

ORESTE.

Il expire; et nos Grecs irritésOnt lavé dans son sang ses infidélités.

Je vous lavais promis ; et, quoique mon courageSe fit de ce complot une funeste image,

Jai couru vers le temple, nos Grecs dispersésSe sont jusquà lautel dans la foule glissés.

Pyrrhus ma reconnu, mais sans changer de face :

11 semblait que ma vue excitât son audace ;

Que tous les Grecs, bravés en leur ambassadeur,Dussent de son hymen relever la splendeur.

Enfin, avec transport prenant son diadème,

Sur le front dAndromaque il Ta posé lui-même :

« Je vous donne, a-t-il dit, ma couronne et ma foi;

« Andromaque, régnez sur lÉpire et sur moi.

« Je voue à votre fils une amitié de père;

« Jen atteste les dieux, je le jure à sa mère :

« Pour tous mes ennemis je déclare les siens,

« Et je le reconnais pour le roi des Troyens. »

A ces mots, qui du peuple attiraient le suffrage,

Nos Grecs nont répondu que par un cri de rage;Linfidèle sest vu partout envelopper,

Et je nai pu trouver de place pour frapper -.

Chacun se disputait la gloire de labattre.

Je lai vu dans leurs mains quelque temps se débattre,Tout sanglant à leurs coups vouloir se dérober;

Mais enfin à lautel il est allé tomber.

I)u peuple épouvanté jai traversé la presse

U