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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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156
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ANDROMAQUË.

15fi

HEUMIONE.

Le perfide ! il mourra. Mais que ta dit Oreste?

CLÉONE.

Oreste avec ses Grecs dans le temple est entré.

IIEKMIONE.

Eh bien? à me venger nest-il pas préparé?

CLÉONE.

Je ne sais.

IIEIIMIONE.

Tu ne sais ! Quoi donc ! Oreste encore,Oreste me trahit?

CLÉONE.

Oreste vous adore ;

Mais de mille remords son esprit combattuCroit tantôt son amour et tantôt sa vertu.

11 respecte en Pyrrhus lhonneur du diadème ;

Il respecte en Pyrrhus Achille et Pyrrhus même :

11 craint les Grecs, il craint lunivers en courroux;Mais il se craint, dit-il, soi-même plus que tous.

11 voudrait en vainqueur vous apporter sa tête :

Le seul nom dassassin lépouvante et larrête.

Enfin il est entré, sans savoir dans son cœurSil en devait sortir coupable ou spectateur.

HERMIONE.

Non, non, il les verra triompher sans obstacle ;

11 se gardera bien de troubler ce spectacle :

Je sais de quels remords son courage est atteint;

Le lâche craint la mort, et cest tout ce quil craint.Quoi ! sans quelle employât une seule prière,

Ma mère en sa faveur arma la Grèce entière;

Ses yeux pour leur querelle, en dix ans de combats,Virent périr vingt rois quils ne connaissaient pas :

Et moi, je ne prétends que la mort dun parjure,

Et je charge un amant du soin de mon injure;

11 peut me conquérir à ce prix sans danger ;

Je me livre moi-même, et ne puis me venger !

Allons. Cest à moi seule à me rendre justice.

Que de cris de douleur le temple retentisse :

De leur hymen fatal troublons lévénement ;

Et quils ne soient unis, sil se peut, quun moment.Je ne choisirai point dans ce désordre extrême :