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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
Seite
146
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ANDROMAQUE.

ÏA.,

il.

I Iti

SCÈNE II.

HERMIONE, CLÉONE.

CLÉONE.

Non, je ne puis assez admirer ce silence.

Vous vous taisez, madame ; et ce cruel méprisNa pas du moindre trouble agité vos esprits !

Vous soutenez en paix une si rude attaque,

Vous quon voyait frémir au seul nom dAndromaque !Vous qui sans désespoir ne pouviez endurerQue Pyrrhus dun regard la voulût honorer 1Il lépouse ; il lui donne, avec son diadème,

La foi que vous venez de recevoir vous-même :

Et votre bouche encor, muette à tant dennui,

Na pas daigné souvrir pour se plaindre de lui !

Ah! que je crains, madame, un calme si funeste!

Et quil vaudrait bien mieux...

HERMIONE.

Fais-tu venir O reste?

CLÉONE.

11 vient, madame, il vient ; et vous pouvez jugerQue bientôt h vos pieds il allait se ranger,

Prêt à servir toujours sans espoir de salaire :

Vos yeux ne sont que trop assurés de lui plaire.

Mais il entre.

SCÈNE III.

ORESTE,, ÎIERJIIONE, CLÉONE.

ORESTE.

Ah madame ! est-il vrai quune foisOreste, en vous cherchant obéisse à vos lois?

Ne ma-t-on point Ilatté dune fausse espérance?Avez-vous en effet souhaité ma présence?

Croirai-je que vos yeux, à la fin désarmés,

Veulent...

HERMIONE.

Je veux savoir, seigneur, si vous maimez.

ORESTE.

Si je vous aime! oli dieux ! mes serments, mes parjures,