AN’DROMAQUE.
ÏA.,
il.
I Iti
SCÈNE II.
HERMIONE, CLÉONE.
CLÉONE.
Non, je ne puis assez admirer ce silence.
Vous vous taisez, madame ; et ce cruel méprisN’a pas du moindre trouble agité vos esprits !
Vous soutenez en paix une si rude attaque,
Vous qu’on voyait frémir au seul nom d’Andromaque !Vous qui sans désespoir ne pouviez endurerQue Pyrrhus d’un regard la voulût honorer 1Il l’épouse ; il lui donne, avec son diadème,
La foi que vous venez de recevoir vous-même :
Et votre bouche encor, muette à tant d’ennui,
N’a pas daigné s’ouvrir pour se plaindre de lui !
Ah! que je crains, madame, un calme si funeste!
Et qu’il vaudrait bien mieux...
HERMIONE.
Fais-tu venir O reste?
CLÉONE.
11 vient, madame, il vient ; et vous pouvez jugerQue bientôt h vos pieds il allait se ranger,
Prêt à servir toujours sans espoir de salaire :
Vos yeux ne sont que trop assurés de lui plaire.
Mais il entre.
SCÈNE III.
ORESTE,, ÎIERJIIONE, CLÉONE.
ORESTE.
Ah madame ! est-il vrai qu’une foisOreste, en vous cherchant obéisse à vos lois?
Ne m’a-t-on point Ilatté d’une fausse espérance?Avez-vous en effet souhaité ma présence?
Croirai-je que vos yeux, à la fin désarmés,
Veulent...
HERMIONE.
Je veux savoir, seigneur, si vous m’aimez.
ORESTE.
Si je vous aime! oli dieux ! mes serments, mes parjures,