ACTE IV, SCÈNE lit.
Sla fuite, mon retour, mes respects, mes injures,
Mon désespoir, mes yeux de pleurs toujours noyés;Quels témoins croirez-vous, si vous ne les croyez?
11ERM10NE.
Vengez-moi, je crois tout.
ORESTE.
Eli liien, allons, madame iMettons encore un coup toute la Grèce en flamme,Prenons, en signalant mon bras et votre nom,
Vous, la place d’Hélène, et moi, d’Agamemuon ;
De Troie en ce pays réveillons les misères ;
Et qu’on parle de nous ainsi que de nos pères.
Partons, je suis tout prêt.
HERMIOXE.
Non, seigneur; demeurons :Je ne veux pas si loin porter de tels affronts.
Quoi! de mes ennemis couronnant l’insolence,
J’irais attendre ailleurs une lente vengeance?
Kt je m’en remettrais au destin des combats,
Qui peut-être à la fin ne me vengerait pas ?
Je veux qu’à mon départ toute l’Épire pleure.
Mais, si vous me vengez, vengez-moi dans une beu re.Tous vos retardements sont pour moi des refus.Courez au temple. Il faut immoler...
ORESTE.
Qui?
BEHMIONE.
Pyrrhus, madame!
ORESTE.
Pyrrhus.
UERMIONE.
Hé quoi! votre haine chancelle?
Ah ! courez, et craignez que je ne vous rappelle.N’alléguez point des droits que je veux oublier;
Et ce n’est pas à vous à le justifier.
ORESTE.
Moi, je l’excuserais ! Ah ! vos bontés, madame,
Ont gravé trop avant ses crimes dans mon âme.Vengeons-nous, j’y consens, mais par d’autres cheminsSoyons ses ennemis, et non ses assassins;
Faisons de sa ruine une juste conquête.