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Théâtre complet de J. Racine
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145
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ACTE IV, SCÈNE T. I' 4 r,

Voilà de mou amour linnocent stratagème;

Voilà ce quun époux ma commandé lui-même.

Jirai seule rejoindre Hector et mes aïeux.

Cépluse, cest il toi de me fermer les yeux.

CÉPUISE.

Ali ! ne prétendez pas que je puisse survivre...

ANDRQMAQUE.

Non, non, je te défends, Cépluse, de me suivre ;

Je confie à tes soins mon unique trésor :

Si tu vivais pour moi, vis pour le fils dHector.

De lespoir des Troyens seule dépositaire,

Songe à combien de rois tu deviens nécessaire.

Veille auprès de Pyrrhus; fais-lui garder sa foi :

Sil le faut, je consens quon lui parle de moi.l f ais-lui valoir lhymen je me suis rangée :

Dis-lui quavant ma mort je lui fus engagée ;

Que ses ressentiments doivent être effacés ;

Quen lui laissant mon fils, cest lestimer assez.

Fais connaître à mon fils les héros de sa race ;

Autant ([ne tu pourras, conduis-le sur leur trace :

.Dis-lui par quels exploits leurs noms ont éclaté,

Plutôt ce quils ont fait que ce quils ont été :

Parle-lui tous les jours des vertus de son père;

Et quelquefois aussi parle-lui de sa mère.

Mais quil ne songe plus, Cépluse, à nous x'enger ;

Nous lui laissons un maître, il le doit ménager.

Quil ait de ses aïeux un souvenir modeste -,

11 est du sang dHector, mais il en est le reste ;

Et pour ce reste enfin jai moi-même, en un jour,

Sacrifié mon sang, ma haine, et mon amour.

cépiiise.

Hélas!

AMUtOMAQUE.

Ne me suis point, si ton cœur en alarmesPrévoit quil ne pourra commander à tes larmes.

On vient. Cache tes pleurs, Cépluse ; et souviens-toiQue le sort dAndromaque est commis à ta foi.

Cest Hermione. Allons, fuyons sa violence.

HAriM.

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