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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
Seite
132
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132 ANDROMAQUE.

Je ne vous connais plus ; vous nètes plus vous-mêmeSouffrez...

OnESTE.

Non, tes conseils ne sont plus de saison,Pylade ; je suis las déeouter la raison.

Cest traîner trop longtemps ma vie et mon supplice :11 faut que je lenlève, ou bien que je périsse.

Le dessein en est pris ; je le veux achever :

Oui, je le veux.

PYLADE.

Eh bien, il la faut enlever ;

Jy consens. Mais songez cependant vous êtes.

Que croira-t-on de vous, à voir ce que vous faites ?Dissimulez: calmez ce transport inquiet;Commandez à vos yeux de garder le secret.

Ces gardes, cette cour, lair qui vous environne,Tout dépend de Pyrrhus, et surtout Ilermione.

A ses regards surtout cachez votre courroux.

Oh dieux ! en cet état pourquoi la cherchiez-vous?

OH ESTE.

Que sais-je? De moi-même étais-je alors le maître ?La fureur memportait, et je venais peut-êtreMenacer à la fois lingrate et son amant.

PYLADE.

Et quel était le fruit de cet emportement?

OH ESTE.

Et quelle âme, dis-moi, ne serait éperdueDu coup dont ma raison vient dêtre confondue ?

Il épouse, dit-il, Ilermione demain ;

Il veut, pour mhonorer, la tenir de ma main.

Ah! plutôt cette .main dans le sang du barbare...

PYLADE.

Vous laccusez, seigneur, de ce destin bizarre :Cependant, tourmenté de scs propres desseins,

11 est peut-être à plaindre au tant que je vous plains

OKESTE.

Non, non ; je le connais, mon désespoir le (latte ;Sans moi, sans mon amour, il dédaignait lingrate ;Ses charmes jusque- navaient pu le toucher :

Le cruel ne la prend que pour me larracher.

Ah dieux ! cen était fait : Ilermione gagnée