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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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124
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ANDROMAQUE.

Mon cmur, toi-même enfin de sa gloire éblouie ;

Avant quil me trahit, vous mavez tous trahie.

Mais cen est trop, Cléone : et, quel que soit PyrrhusIlermioneest sensible, Oreste a des vertus :

11 sait aimer du moins, et même sans quon laime;

Et peut-être il saura se faire aimer lui-même.

Allons. Quil vienne enfin.

CLÉONE.

Madame, le voici.

HEIIMIONE.

Ah ! je ne croyais pas quil fût si près dici.

SCÈNE II.

IIERMIONE, ORESTE, CLÉONE.

UF.nJiioNE.

Le croirai-je, seigneur, quun reste de tendresseVous fasse ici chercher une triste princesse?

Ou ne dois-je imputer quà votre seul devoirLheureux empressement qui vous porte à me voir?

OIIESTE.

Tel est de mon amour laveuglement funeste,

Vous le savez, madame; et le destin dOresteEst de venir sans cesse adorer vos attraits,

Et de jurer toujours quil ny viendra jamais.

Je sais que vos regards vont rouvrir mes blessures ;Que tous mes pas vers vous sont autant de parjures :Je le sais, jen rougis. Mais jatteste les dieux,Témoins de la fureur de mes derniers adieux,

Que jai couru partout ma perte certaineDégageait mes serments et finissait ma peine.

Jai mendié la mort chez des peuples cruelsQui napaisaient leurs dieux que du sang des mortelsIls mont fermé leur temple ; et ces peuples barbaresDe mon sang prodigué sont devenus avares.

Enfin je viens à vous, et je me vois réduitA chercher dans vos yeux une mort qui me fuit.Mon désespoir nattend que leur indifférence :

Ils nont quà minterdire un reste despérance;

Ils nont, pour avancer cette mort je cours,

Quà me dire une fois ce quils mont dit toujours.

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