ACTE II, SCÈNE II. I'I5
Voilà, depuis un an , le seul soin qui m’anime.Madame, c’est à vous de prendre une victimeQue les Scythes auraient dérobée à vos coups,
Si j’en avais trouvé d’aussi cruels que vous.
nERMIONE.
Quittez, seigneur, quittez ce funeste langage :
A des soins plus pressants la Grèce vous engage.
Que parlez-vous du Scythe et de mes cruautés?Songez à tous ces rois que vous représentez.
Faut-il que d’un transport leur vengeance dépende?Est-ce le sang d’Oreste enfin qu’on vous demande?Dégagez-vous des soins dont vous êtes chargé.
ORESTE.
Les refus de Pyrrhus m’ont assez dégagé,
Madame : il me renvoie ; et quelque autre puissanceLui fait du fils d’Hector embrasser la défense.
I1ERM10NE.
L’infidèle !
ORESTE.
Ainsi donc, tout prêt à le quitter,
Sur mon propre destin je viens vous consulter.
Déjà même je crois entendre la réponseQu’en secret contre moi votre haine prononce.
nERMIONE.
lié quoi! toujours injuste en vos tristes discours,
De mon inimitié vous plaindrez-vous toujours?
Quelle est cette rigueur tant de lots alléguée?
J’ai passé dans l’Épire oh j’étais reléguée;
Mon père l’ordonnait : mais qui sait si depuisJe n’ai point en secret partagé vos ennuis?
Pensez-vous avoir seul éprouvé des alarmes ;
Que l’Épire jamais n’ait vu couler mes larmes?
Enfin, qui vous a dit que, malgré mon devoir,
Je n’ai pas quelquefois souhaité de vous voir?
ORESTE.
Souhaité de me voir! Ah! divine princesse...
Mais, de grâce, est-ce à moi que çe discours s’adresse ?Ouvrez vos yeux ; songez qu’Oresle est devant vous,Oresle, si longtemps l’objet de leur courroux.
nERMIONE.
Oui, c’est vous dont l’amour, naissant avec leurs charmes,
II.