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Théâtre complet de J. Racine
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125
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ACTE II, SCÈNE II. I'I5

Voilà, depuis un an , le seul soin qui manime.Madame, cest à vous de prendre une victimeQue les Scythes auraient dérobée à vos coups,

Si jen avais trouvé daussi cruels que vous.

nERMIONE.

Quittez, seigneur, quittez ce funeste langage :

A des soins plus pressants la Grèce vous engage.

Que parlez-vous du Scythe et de mes cruautés?Songez à tous ces rois que vous représentez.

Faut-il que dun transport leur vengeance dépende?Est-ce le sang dOreste enfin quon vous demande?Dégagez-vous des soins dont vous êtes chargé.

ORESTE.

Les refus de Pyrrhus mont assez dégagé,

Madame : il me renvoie ; et quelque autre puissanceLui fait du fils dHector embrasser la défense.

I1ERM10NE.

Linfidèle !

ORESTE.

Ainsi donc, tout prêt à le quitter,

Sur mon propre destin je viens vous consulter.

Déjà même je crois entendre la réponseQuen secret contre moi votre haine prononce.

nERMIONE.

lié quoi! toujours injuste en vos tristes discours,

De mon inimitié vous plaindrez-vous toujours?

Quelle est cette rigueur tant de lots alléguée?

Jai passé dans lÉpire oh jétais reléguée;

Mon père lordonnait : mais qui sait si depuisJe nai point en secret partagé vos ennuis?

Pensez-vous avoir seul éprouvé des alarmes ;

Que lÉpire jamais nait vu couler mes larmes?

Enfin, qui vous a dit que, malgré mon devoir,

Je nai pas quelquefois souhaité de vous voir?

ORESTE.

Souhaité de me voir! Ah! divine princesse...

Mais, de grâce, est-ce à moi que çe discours sadresse ?Ouvrez vos yeux ; songez quOresle est devant vous,Oresle, si longtemps lobjet de leur courroux.

nERMIONE.

Oui, cest vous dont lamour, naissant avec leurs charmes,

II.