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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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116
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11B ANDROMAQUE.

Que Troie en cet état aspire à se venger.

Ali ! si du fils dHector la perte était jurée,

Pourquoi dun an entier Pavons-nous différée?

Dans le sein de Priam na-t-on pu limmoler?

Sous tant de morts, sous Troie, il fallait laccabler.

Tout était juste alors : la vieillesse et lenfanceEn vain sur leur faiblesse appuyaient leur défeuse ;

La victoire et la nuit, plus cruelles que nous,

Nous excitaient au meurtre et confondaient nos coups.

Mon courroux aux vaincus ne fut que trop sévère.

Mais que ma cruauté survive à ma colère?

Que, malgré la pitié dont je me sens saisir,

Dans le sang dun enfant je me baigne à loisir?

Non, seigneur. Que les Grecs cherchent quelque autre proieQuils poursuivent ailleurs ce qui reste de Troie :

De mes inimitiés le cours est achevé ;

LÉpire sauvera ce que Troie a sauvé.

on ESTE.

Seigneur, vous savez trop avec quel artificeUn faux Astyanax fut offert au supplice le seul fils dHector devait être conduit.

Ce nest pas les Troyens, cest Hector quon poursuit.

Oui, les Grecs sur le fils persécutent le père ;

11 a par trop de sang acheté leur colère :

Ce nest que dans le sien quelle peut expirer;

Et jusque dans lÉpire il les peut attirer.

Prévenez-les.

PïRiunjs.

Non, non. Jy consens avec joie;

Quils cherchent dans lÉpire une seconde Troie ;

Quils confondent leur haine, et ne distinguent plusLe sang qui les fit vaincre, et celui des vaincus.

Aussi bien ce nest pas la première injusticeDont la Grèce dAchille a payé le service.

Hector en profi ta, seigneur ; et quelque jourSon fils en pourrait bien profiter à son tour.

OHESTIÎ.

Ainsi la Grèce en vous trouve un enfant rebelle?

PYRRHUS.

Et je nai donc vaincu que pour dépendre delle !

OllESTE.

Hermione, seigneur, arrêtera vos coups :