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Théâtre complet de J. Racine
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114
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ANDROMAQUE.

OUESTE.

Ah I si je le croyais, jirais bientôt, Pylade,

Me jeter...

PYLADE.

Achevez, seigneur, votre ambassadeVous attendez le roi. Parlez, et lui montrezContre le fils dHector tous les Grecs conjurés.

Loin de leur accorder ce fils de sa maîtresse,

Leur haine ne fera quirriter sa tendresse :

Plus on les veut brouiller, plus on va les unir.Pressez : demandez tout, pour ne rien obtenir.

11 vient.

ORESTE.

Eli bien, va donc disposer la cruelleA revoir un amant qui ne vient que pour elle.

SCÈNE II.

PYRRHUS, ORESTE, PHOENIX.

ORESTE.

Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix,Souffrez que jose ici me flatter de leur choix,

Et quà vos yeux, seigneur, je montre quelque joieDe voir le fils dAchille et le vainqueur de Troie.

Oui, comme ses exploits nous admirons vos coups ;Hector tomba sous lui, Troie expira sous vous ;

Et vous avez montré, par une heureuse audace,

Que le fils seul dAchille a pu remplir sa place.

Mais, ce quil neflt point fait, la Grèce avec douleurVous voit du sang troyen relever le malheur,

Et, vous laissant toucher d'une pitié funeste,

Dune guerre si longue entretenir le reste.

Ne vous souvient-il plus, seigneur, quel fut Hector?Nos peuples affaiblis sen souviennent encor :

Son nom seul fait frémir nos veuves et nos filles ;

Et dans toute la Grèce il nest point de famillesQui ne demandent compte à ce malheureux filsDuu père ou dun époux quHector leur a ravis.

Et qui sait ce qiiun jour ce fils peut entreprendre?Peut-être daus nos ports nous le verrons descendre,Tel quon a vu son père embraser nos vaisseaux,