ACTE III, SCÈNE VI. 37
ÉTÈOCLE.
Hormis le diadème il ne demande rien.
JOCASTE.
Mais voyez-le du moins.
CRÉON.
Oui, puisqu’il le veut bien :
Vous ferez plus tout seul que nous ne saurions faire ;
Et le sang reprendra son empire ordinaire.
ÉTÉOCLE.
Allons donc le chercher.
JOCASTE.
Mon fils, au nom des dieux,Attendez-le plutôt, voyez-le dans ces lieux.
ÉTÉOCLE.
Eli bien, madame, eh bien, qu’il vienne, et qu’on lui donneToutes les sûretés qu’il faut pour sa personne.
Allons.
ANTIGONE.
Ah ! si ce jour rend la paix aux Thébains,
Elle sera, Créon, l’ouvrage de vos mains.
SCÈNE VI.
CRÉON,ATTALE.
CRÉON.
L’intérêt des Thébains n’est pas ce qui vous touche,Dédaigneuse princesse; et cette âme farouche,
Qui semble me flatter après tant de mépris,
Songe moins à la paix qu’au retour de mon fils.
Mais nous verrons bientôt si la fière AntigoneAussi bien que mon cœur dédaignera le trône;
Nous verrons, quand les dieux m’auront fait votre roi,
Si ce fils bienheureux l’emportera sur moi.
ATTALE.
Eh ! qui n’admirerait un changement si rare?
Créon même, Créon pour la paix se déclare !
CRÉON.
Tu crois donc que la paix est l’objet de mes soins?
ATTALE.
Oui, je le crois, seigneur, quand j’y pensais le moins ;
RACINE. 4