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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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36
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3fi LES FRÈRES ENNEMIS.

Que Thèbes se rassure après ce grand effort ;

Puisqu’il change votre âme, il changera son sort.

La paix dès ce moment n’est plus désespérée :

Puisque Créon la veut, je la tiens assurée.

Bientôt ces cœurs de fer se verront adoucis :

Le vainqueur de Créon peut bien vaincre mes fils.

(à Éléocle. )

Qu’un si grand changement vous désarme et vous touche :Quittez, mon fils, quittez cette haine farouche ;

Soulagez une mère, et consolez Créon;

Rendez-moi Polynice, et lui rendez Hémon.

ÉTÉOCLE.

Mais enfin c’est vouloir que je m’impose un maître.

Vous ne l’ignorez pas, Polynice veut l’ètre ;

Il demande surtout le pouvoir souverain,

Et ne veut revenir que le sceptre à la main.

SCÈNE V.

JOCASTE, ÉTÉOCLE, ANTIGONE, CRÉON, ATT ALE.ATTALE, à Étéocle.

Polynice, seigneur, demande une entrevue;

C’est ce que d’un héraut nous apprend la venue.

11 vous offre, seigneur, ou de venir ici,

Ou d’attendre en son camp.

créon.

Peut-être qu’adouci

Il songe à terminer une guerre si lente,

Et son ambition n’est plus si violente :

Par ce dernier combat il apprend aujourd’huiQue vous êtes au moins aussi puissant que lui.

Les Grecs même sont las de servir sa colère;

Et j’ai su, depuis peu, que le roi son beau-père,

Préférant à la guerre un solide repos,

Se réserve Mycène, et le fait roi d’Argos.

Tout courageux qu’il est, sans doute il ne souhaiteQue de faire en effet une honnête retraite.

Puisqu’il s’offre à vous voir, croyez qu’il veut la paixCe jour la doit conclure, ou la rompre à jamais-.

Tâchez dans ce dessein de l’affermir vous-mêmeEt lui promettez tout, hormis le diadème.