io6 De l’Ad minist rati on
Le Souverain, en permettant la libre cul-ture du tabac dans fon Royaume, ne feroitpas obligé , fans doute, de renoncer à touteefpece de revenu fur la production de cettedenrée ; mais le tribut que le cultivateur fe-roit obligé de payer, avant d’avoir été rem-bourfé de fes avances , ne pourrait jamaiségaler le bénéfice que le Roi tire d’une ferme,dont les recouvrements n’ont lieu qu’à me-fure des confommations.
Cependant, dès que les tabacs cultivésdans le Royaume, fe trouveraient renchérispar un impôt confidérable, il faudrait, pouren favorifer le débit, mettre un droit en-core plus fort à l’introduélion du tabac étran-ger: mais cette précaution feroit infuffi-fante ; car ce n’eft qu’avec le fecours duprivilège exclufif dont la régie royale elt enpolfeflion, qu’elle peut réfifter aux effortsdes fraudeurs, & foutenir le prix du tabacdans une fi grande difproportion avec fa va-leur réelle.
Suppofons maintenant, qu’on voulut allier