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iravailloit qu’au grand jour. Il se van toit d’avoir ététrente-quatre ans sans avoir mangé une seule foishors de chez lui. Il déshérita un de ses neveuxparce qu’il ne savoit pas l’orthographe. Il préten-doft que de dix choses qu’il savoit, il en avoit ap-pris neuf dans la conversation.
Thomas, de l’Académie française , restoit tousles jours au lit jusqu’à midi ; c’est là que, les rideauxbien fermés , il médiloit, composoit et rédigeoitdans sa mémoire l’ouvrage qui l’occupoit 5 ensuiteil se levoit et le jetoit par écrit à-peu-près d’un seultrait.
Le fameux Bayle avoit un tel goût pour les bala-dins et les marionnettes, qu’aussitôt qu’il entendoitle tambour ou la trompette qui les annonçoit, ilquittait tout, se rendoit des premiers sur la place ,au milieu de la populace ordinairement seule spec-tatrice de ces sortes de farces , et il n’en revenoitque le dernier.
Magliabecchi, savant Italien, bibliothécaire duduc de Toscane à Florence, avoit un cai-actère sin-gulier. Il a passé toute sa vie ( 80 ans ) au milieudes livres. Il était très frugal ; quelques œufs , unpeu de pain et de l’eau faisoient sa nourriture ordi-naire. Il mangeoit sur ses livres , dormoit sur seslivres, et ne s’en séparoit que le plus rarement pos-sible ; pendant toute sa vie il n’est sorti que deuxfois de Florence , l’une pour aller à deux lieues, etl’autre pour en faire trois et demie par ordre duGrand Duc. Sa manière de vivre étoit uniforme.