î4é AMUSEMENS PHILOLOGIQÜES.
la Croze, est fait en acrostiche. Ce sont les autelsmême qui parlent. Le premier déclare qu’il est unautel poétique ; il n’est jamais rougi par le sang desvictimes ; la fumée des parfums ne le noircit jamais;il n’est formé ni d’or, ni d’argent, ni de corne ,comme celui que Diane construisit autrefois; il estl’ouvrage des Muses et des Grâces ; les poètes y peu-vent venir sacrifier, sans craindre la morsure de ceserpent affreux que cache un autre autel dressé parJason. 11 ne faut pas croire que l’original soit entermes si clairs : je n’ai pas traduit, mais expliqué.
« Cet autel de Jason est figuré par l’autre poème,et il ne parle pas avec moins d’éloquence que lepremier. Saumaise, qui apparemment n’entendoitpas la langue des autels, avoit donné de fort mau-vaises explications ; mais depuis on a trouvé d’excel-lentes notes par un certain Manuel Holobol us, gram-mairien du temps de Michel Paléologue : toutes cesénigmes y sont nettement éclaircies. Cet Holoholusn’a fait sans doute que copier de très anciennesscolies ; car le moyen de croire qu’un moine de lafin de l’Empire eût, sans secours, conqn-is des dif-ficultés que n’avoient pu résoudre Saumaise et Sca-liger, les plus savans hommes du siècle le plus sa-vant !
« Quelques personnes font à Théocrite l’honneurde douter qu’il soit le véritable auteur de la Sjrinx,ou flûte de Pan, qu’on trouve parmi ses œuvres :elles ont peine à croire que ce poète, d’un goût sisage et d’un esprit si élégant, ait pu abaisser son ta-