POÉTIQUE CURIEUSE. 12 5
morceaux inédits d’histoire, de politique, de litté-rature et de philosophie, tirés des portefeuilles deM. N. François ( de Neuf château ), de l'Institut na-tional. Paris, de l’imprimerie de Crapelet, an ym,2 vol. in- 8.° Les poésies de Turgot occupent lespages 1 — 97 du i. er volume.
Nous ne citerons rien du poëme de Didon, parceque les bornes de ce recueil ne nous permettent pasde le donner en entier. Nous nous contenterons dedonner tout ce que Turgot a traduit du début del’Enéide :
Jadis sur la fougère une musette accompagna mes chants.
J’osai depuis , sortant des bois, disciple de Cérès,
Forcer la terre à répondre aux vœux de l’avare agriculteur.
Mars aujourd’hui m’appelle. O Muse! embouche la trompette,
Dis les combats. Musc ! et ce guerrier que l’ordre du destin,
Loin des murs d’Ilion en cendre et du tombeau de ses pères,
Aux champs ausoniens fit aborder après mille dangers.
Krrant chez cent peuples divers, il combattit long-tempsL’onde, la terre et le ciel réunis pour lasser sa constance.L’inflexible Junon avoit aux dieux inspiré ses haines.
Sous les murs naissans de Laviuium, il souffrit encoreLes innombrables maux qu’entraîne la guerre; et cependantTransportant ses lois, sa patrie, et le culte de ses dieuxSur les rives du Tibre, il fondoit à force de victoiresUn trône immortel, qui depuis fut le berceau d’où sortirent •Ces antiques Latins tant vantés, Albe et sa splendeur,
Ses valeureux enfans les pères de Rome, et Rome enfin.
Quel motif armoit Junon? Quelle offense avoit ulcéré son cœur*Pourquoi du haut des cieux, leur reine avoit-elle rassembléTant de périls, de travaux, pour accabler la vertu la plus pure?Us sont donc comme nous , ces dieux! La colère habite aussiDans leur Olympe ! et la haine peut naître au sein dubonlieur même!
Voltaire reçut un exemplaire de l’ouvrage de Tur-got : il ne j ugea pas bien de l’introduction du mètre