POÉTIQUE CURIEUSE. la 3
pie d’un vers latin et d’un vers français, coupés surla même mesure :
Ccesare-ventu-ro ,• — phosphore, - redde di-em.
C<'sar-va reve-uir; — aube, ra-mène lc*jour.
On a trouvé les vers métriquesde Baïf, défectueux,parce qu’il en termine beaucoup par une rime fémi-nine; celui-ci n’est pas du nombre de ces derniers :Aube, re-baille le-jour; pour-quoi uotre-aise re-tiens-tu?
Pasquier a laissé quelques épigrammes et quelquesélégies en vers hexamètres et pentamètres français.Yigenère a traduit les psaumes de David, en versmétriques. Durfé a composé un poème dramatiquedu même genre. Nicolas Rapin a laissé plusieurs li-vres de ces vers mesurés ; en voici un exemple enhexamètres et pentamètres, tii’é de l’un de seslivres :
.Vénus grasse, voyant approcher son terme, demandaAux trois Parques de quoi elle devoit accoucher ;
D’un tigre, dit Lachesis; d’un roc, Cloton; Atropos, d’un feu.
Et pour confirmer leur dire, naquit Amour.
Il faut avouer que voilà de la singulière poésie.Ce Rapin avoit cependant une grande idée de cessortes de vers, puisqu’il dit dans son premier livredes vers mesurés :
Sainte-Marthe, enfin je me suis avancé
Sur le train des vieux, et premier commencé
Par nouveau sentier m’approchant de bien près,
Au mode des Grecs.
Maintenant les vers que façonne à leur point,
Et d’un air hardi que la Cour ne craint point,
Au pays des rois je commence à chanterSans m’épouvanter.
Nous pourrions encore citer plusieurs exemples