58 AMtlSEMENS PHILOLOGIQUES.
Suivant de point en point ces deux suivans distiques i
Piquez-vous seulement de jouer au piquet,
A celui que j’entends, qui se fait sans caquet;
J’entends que vous preniez parfois la discipline,
Et qu’avec ce beau jeu vous fassiez bonne .mine.
Magdeleine, selon notre poëte,
Pour le grand roi des cœurs couchoit sur le carreau;
11 dit des yenx de celte Sainte :
Qu’ils sont des bénitiers d’où coule l’eau bénite,
Qui chasse le démon jusqu’au fond de son gîte.
Magdeleine parle ainsi de son sein que ses larmesinondent :
Sein dont mon œil enflé fit un vallon de larmes,
Quand ces monts désenflés perdirent tous leurs charmes.
En voilà suffisamment pour prouver que Pierrede Saint-Louis avoit de l’imagination, mais que samuse, quoique sérieuse, est d’un ridicule assez plai-sant.
L’autre poëme sur la Magdeleine a pour titre :La Magdeleine, poëme en vingt-quatre chants ,par frère JRemi de Beauvais, capucin. Tournay,Cli. Martin, 1617, in- 12. On trouve dans cetteproduction du délire, plus d’extravagance encoreque dans la précédente.
Pierre de Saint-Louis et Remi de Beauvais nesont pas les seuls auteurs burlesques qui se sontexercés sur des sujets sacrés. Un docteur de Sor-bonne publia en 1649 un livre avec ce titre : La.Passion de Notre-Seigncur, en vers burlesques. Ilreprésente Jésus-Christ au jardin des Olives, tenanten main le calice et buvant à la santé du genre hu-main. L’anglais Brown est auteur d’une bible en vers