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3 [1913]
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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

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PI. XCII. Morlaix. Boutique, 35, rue Longue.

A côté des maisons de type gothique dont nous avons étudié quelques détails particuliers dans notretome 1 , pl. XCIII et XCIV et dont les ensembles salignent le long des rues, des venelles et des quais deMorlaix, se rencontrent aussi des habitations plus tardives les types généraux se perpétuent avec quelquestransformations de détail. Telles sont, entre beaucoup dautres, ces maisons de la rue Longue qui datentapparemment de la fin du x\T' siècle, les étages en encorbellement se superposent selon le mode traditionnel, le rez-de-chaussée est occupé par une boutique avec encadrement de granit. Ici seulement cet encadrement,au lieu des moulures gothiques dautrefois, se décore de pilastres ou de colonnes engagées de type ionique outoscan dans lesquelles les proportions classiques sont plus ou moins bien observées.

Bibliographie : Congrès archéologique de France , 1896, p. 42-43.

Pl. XCIII. Roscoff. Maison dite de Marie Stuart.

L architecture bretonne du xvi e siècle offre une série de morceaux originaux les souvenirs classiquesse mêlent à des idées bizarres et à des interprétations inattendues ; les ossuaires, les calvaires, les entrées decimetières offrent maints exemples de ces combinaisons dont la gaucherie même est souvent savoureuse.

Ce petit portique en est un exemple dans larchitecture civile. Placé en arrière dune maison assezbanale de la fin du xvi e siècle, comme la petite ville de Roscoff en offre un certain nombre, avec des lucarnesdaspect gothique (maison Cozanetg dautres qui portent les dates de 1600-1601 ( maison (iaillardj, il se développesur deux côtés dune cour qui elle-même se prolonge par un jardin clos de murailles, dominant le port, avec unepetite tourelle dangle de même style. La proportion des colonnes est extrêmement trapue, le haut des arcadesatteignant à peine la taille dun homme; les chapiteaux sont dun travail lourd et sans style.

La désignation courante de cette maison rappelle le fait que Marie Stuart aborda en 1048 à Roscoff,quand elle vint en France pour épouser le dauphin, mais rien ne prouve quelle ait habité ici.

CONSTRUCTIONS EN BOIS

PL XCIV. Lisieux. Groupe de maisons, place Victor-Hugo.

La construction en pans de bois apparents, dont la fin du xv e et le début du xvi e siècle nous ont offertdes exemples si abondants et si pittoresques, se prolonge pendant la fin du siècle et môme encore une partiedu siècle suivant. Il existe à Rouen, par exemple, plusieurs maisons de cette époque dont une, 47, rue Cau-choise, porte la date de 1601 ; une autre, 83 , rue dAmiens, celle de 1646.

A Lisieux, ce mode de construction fut si fort en honneur et nous avons rencontré quelques-unsdes spécimens les plus archaïques, comme le manoir Formeville, on en pourrait trouver aussi de tardifs. Len-semble que présente, sur notre planche XCIV, un des côtés de la place Victor-Hugo, offre au moins deuxmaisons postérieures au règne de François 1 er . Lune, sur la gauche, au n° 38 , a beaucoup danalogie aveccelle que nous avons publiée au volume précédent et qui se voit rue des Orfèvres, à Blois (voir tome 11 ,pl. XCV 1 ). Toutes les poutres apparentes, sont ornées de pilastres et les consoles régularisées rappellentencore un peu lart de la première Renaissance. Celle qui se voit sur la droite (au n° 44j est plus régulièreencore. Aucune poutre oblique ny rappelle les croix de Saint-André dautrefois et chaque étage est mêmerythmé par des pilastres qui séparent les fenêtres et qui reproduisent, avec leurs cannelures et leurs chapiteauxioniques et corinthiens, les types classiques en vogue sous Henri IL Les lucarnes elles-mêmes sont réguliè-rement accotées de petits pilastres. Leur couronnement seul, ample et robuste chapeau de tuiles, conserveencore la même allure traditionnelle que le grand comble qui surmonte tout lédifice.

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