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HOTIÎLS HT MAISONS DU LA RENAISSANCE
cette construction. Son influence tout au moins pourrait y paraître reconnaissable, non seulement dans ladisposition des grands pilastres engagés de types corinthien, mais dans cette façon de couper les frontons etl’entablement par de petites fenêtres et des lucarnes.
Les ailes et la clôture de la cour ont dû être ajoutées ou simplement augmentées au xvu e siècle.Cependant c'est bien encore un morceau d’architecture du xvi' siècle que cette petite échauguette ou tourelle àencorbellement qui se voit à l’angle de la rue Pavée et de la rue des Francs-Bourgeois, morceau de virtuositédans l’art de construire comme les aimèrent certains architectes de ce temps.
Diane de France, après un premier mariage avec Horace Farnèse. avait épousé François de Mont-morenev et ce serait encore là une raison pour invoquer ici l’autorité de Jean Bullant ou de quelqu’un de sesélèves, appelé de l’atelier d’Ecouen où le maître travailla jusqu’à sa mort. L'hôtel, après Diane, passa à sonneveu Charles d’Angoulème, tilsde Charles IX et de Marie Touchet. Divers propriétaires l’occupèrent ensuiteau cours du xvn e siècle, jusqu’à ce qu’il fût acheté en 1684 par Chrétien-François de Lamoignon, fils dupremier président, qui devint premier président lui-mème en 1698. Lamoignon de Malesherbes, le futurdéfenseur de Louis XVI, y naquit en 1721. On y donna asile en 1762 à une bibliothèque léguée à lamunicipalité parisienne. Mais la demeure, fut pendant le xix c siècle, et elle est encore, morcelée entreplusieurs locataiies.
' Bibliographie : De Champeaux : L'Art décoratif dans le vieux Paris, p. 174.
toutes les rues de Paris , IV e arr', p. 97.
Marquis de Rochegude : Promenades dans
PL XC. — Rouen. — Maison, 169, rue Kau-de-Robec. ■
La rue Eau-de-Robec est une des plus pittoresques et des plus célèbres du vieux Rouen. Elle estlongée par un ruisseau aux eaux noires, le Robec. qui a permis d'évoquer à son propos le souvenir de Venise.
Surplombant ce ruisseau s’élevaient quantités de maisons du xv c et xvi e siècle, qui abritaientjadis des teintureries, et dont malheureusement un trop grand nombre ont été défigurées. Leurs entréescommuniquaient avec la chaussée par des ponts de pierre ou de bois qui se sont multipliés et élargis jusqu’àcouvrir en grande partie le ruisseau transformé en égout.
La maison que représente notre planche date de l’extrême fin du xvi* siècle et présente une alternancede bossages lisses et vermiculés, ainsi que des mascarons assez grossiers, comme on en retrouvera dansl’architecture Henri IV et Louis XIII.
Bibliographie : De l;t Quérière : Description historique des maisons de Rouen, tome I. p. 103.
XCI. — Caen. — Cheminée d’une maison de la rue Saint-Jean, transportée au Musée desAntiquaires.
La fantaisie mise à la mode par les recueils tels que les Arabesques de du Cerceau se répandit unpeu par toute la France à la fin du xvi' siècle; au nord comme au midi, à l’est comme à l’ouest : on enretrouve des traces manifestes, aussi bien dans la décoration architecturale que dans la décoration mobilière.Plus encore que la cheminée de Chàlons reproduite planche LXXX, qui date du reste de quelques années aupa-ravant, celle-ci. qui porte l’inscription i 568 , est un exemple caractéristique du goût redondant et compliqué quis’introduit dans l’art français sous les dernier Valois : cariatides massives, chimères de profil aux seins saillants,sphinx, masques, palmettes, oves et rais de cœur s’y juxtaposent avec profusion autour d’un relief assezcompliqué et tumultueux lui-mème, où l’on voit un saint Georges équipé à la romaine terrasser un terribledragon, aux pieds de la jeune princesse légendaire, sur un fond de ville et de campagne très nettement précisé.
La cheminée provient d’une maison qui s’élevait au n" 28 de la rue Saint-Jean. Celle-ci ne conserveplus rien du cadre qui accompagna un pareil morceau; mais il n’est pas difficile de trouver à Caen mêmed’autres constructions qui nous prouvent que l’activité des maçons caennais n’était pas éteinte vers la fin dela Renaissance.
Bibliographie : Gavais : Catalogue du Musée des Antiquaires de Xormandie. —Serbat : Guide du Congrès archéologique deFrance, 1908, tome I, p. 128.
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