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3 [1913]
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HOTIÎLS HT MAISONS DU LA RENAISSANCE

cette construction. Son influence tout au moins pourrait y paraître reconnaissable, non seulement dans ladisposition des grands pilastres engagés de types corinthien, mais dans cette façon de couper les frontons etlentablement par de petites fenêtres et des lucarnes.

Les ailes et la clôture de la cour ont être ajoutées ou simplement augmentées au xvu e siècle.Cependant c'est bien encore un morceau darchitecture du xvi' siècle que cette petite échauguette ou tourelle àencorbellement qui se voit à langle de la rue Pavée et de la rue des Francs-Bourgeois, morceau de virtuositédans lart de construire comme les aimèrent certains architectes de ce temps.

Diane de France, après un premier mariage avec Horace Farnèse. avait épousé François de Mont-morenev et ce serait encore une raison pour invoquer ici lautorité de Jean Bullant ou de quelquun de sesélèves, appelé de latelier dEcouen le maître travailla jusquà sa mort. L'hôtel, après Diane, passa à sonneveu Charles dAngoulème, tilsde Charles IX et de Marie Touchet. Divers propriétaires loccupèrent ensuiteau cours du xvn e siècle, jusquà ce quil fût acheté en 1684 par Chrétien-François de Lamoignon, fils dupremier président, qui devint premier président lui-mème en 1698. Lamoignon de Malesherbes, le futurdéfenseur de Louis XVI, y naquit en 1721. On y donna asile en 1762 à une bibliothèque léguée à lamunicipalité parisienne. Mais la demeure, fut pendant le xix c siècle, et elle est encore, morcelée entreplusieurs locataiies.

' Bibliographie : De Champeaux : L'Art décoratif dans le vieux Paris, p. 174.

toutes les rues de Paris , IV e arr', p. 97.

Marquis de Rochegude : Promenades dans

PL XC. Rouen. Maison, 169, rue Kau-de-Robec.

La rue Eau-de-Robec est une des plus pittoresques et des plus célèbres du vieux Rouen. Elle estlongée par un ruisseau aux eaux noires, le Robec. qui a permis d'évoquer à son propos le souvenir de Venise.

Surplombant ce ruisseau sélevaient quantités de maisons du xv c et xvi e siècle, qui abritaientjadis des teintureries, et dont malheureusement un trop grand nombre ont été défigurées. Leurs entréescommuniquaient avec la chaussée par des ponts de pierre ou de bois qui se sont multipliés et élargis jusquàcouvrir en grande partie le ruisseau transformé en égout.

La maison que représente notre planche date de lextrême fin du xvi* siècle et présente une alternancede bossages lisses et vermiculés, ainsi que des mascarons assez grossiers, comme on en retrouvera danslarchitecture Henri IV et Louis XIII.

Bibliographie : De l;t Quérière : Description historique des maisons de Rouen, tome I. p. 103.

XCI. Caen. Cheminée dune maison de la rue Saint-Jean, transportée au Musée desAntiquaires.

La fantaisie mise à la mode par les recueils tels que les Arabesques de du Cerceau se répandit unpeu par toute la France à la fin du xvi' siècle; au nord comme au midi, à lest comme à louest : on enretrouve des traces manifestes, aussi bien dans la décoration architecturale que dans la décoration mobilière.Plus encore que la cheminée de Chàlons reproduite planche LXXX, qui date du reste de quelques années aupa-ravant, celle-ci. qui porte linscription i 568 , est un exemple caractéristique du goût redondant et compliqué quisintroduit dans lart français sous les dernier Valois : cariatides massives, chimères de profil aux seins saillants,sphinx, masques, palmettes, oves et rais de cœur sy juxtaposent avec profusion autour dun relief assezcompliqué et tumultueux lui-mème, lon voit un saint Georges équipé à la romaine terrasser un terribledragon, aux pieds de la jeune princesse légendaire, sur un fond de ville et de campagne très nettement précisé.

La cheminée provient dune maison qui sélevait au n" 28 de la rue Saint-Jean. Celle-ci ne conserveplus rien du cadre qui accompagna un pareil morceau; mais il nest pas difficile de trouver à Caen mêmedautres constructions qui nous prouvent que lactivité des maçons caennais nétait pas éteinte vers la fin dela Renaissance.

Bibliographie : Gavais : Catalogue du Musée des Antiquaires de Xormandie.Serbat : Guide du Congrès archéologique deFrance, 1908, tome I, p. 128.

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