HOTELS ET MAISONS I)E
LA RENAISSANCE
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PI. XCY. — Beauvais. — Maison, rue Saint-
Laurent.
Cette maison nous offre dans le dessin de ses pansde bois plus de fantaisie et de variété que la précédente.Des motifs gravés dans la face des maîtresses poutres, ladiversité d’ajustement des briques qui forment le hourdis,la présence de carreaux de faïence qui rappellent ceux dela rue de la Manufacture (voir tome I, pl. XCVIh, entinles consoles pittoresques qui soutiennent l'encorbellementlui donnent une vie et un agrément tout autres. Toutefoisla nature des motifs ainsi utilisés, surtout pour les sculp-tures des consoles, portent bien la marque du xvi” siècleavancé. Ces animaux fantastiques rappellent plus leschimères et les sphinx que les dessinateurs du temps ontrépandus à foison et- que les huchiers leur ont empruntéspour orner tables et bahuts, que les fantaisies réalistesdu xv e siècle.
Pl.XCVI. — Angers. — Maison, 24, rue des Poêliers.
Fig. 42.— Beauvais: Maison rue Saint-Laurent
intérieur de la cour La nature de certains des éléments décoratifs ici
utilisés, tels que les pilastres garnis au milieu d’unlosange ou d’un disque, permet peut-être de dater de quelques années plus tôt cette maison d’Angers. Pourtantil s’en rencontre d'autres, tels que les cariatides engainées de la partie gauche, ou celles du troisième étage quisont évidemment d’un style plus tardif. Ces cariatides, assez grossières du reste, se rencontrent plusieurs foisdans des constructions de la ville et de la région. On en peut noter par exemple à Saumur et, à Angers même,on en vovait dans nombre de maisons démolies dont les débris ont été recueillis au Musée Saint-Jean; il enreste encore en place dans une maison de la rue de l’Oisellerie, proche de la cathédrale, ainsi que dans celledite de Simon Poisson, dans la Doutre. qui porte la date de 1082. Une autre, rue Pocquet-de-Livonnière, n" b,avec les mêmes motifs, est datée de iôyy. Pour la maison de la rue des Poêliers, à moins d’y supposer desadditions postérieures à l'édification primitive, elle ne doit être datée que des années 1070 à 1080, malgrécertaines survivances du style François P r très explicables dans cette région de la Loire où il avait été sibrillant et si actif.
Bibliographie : A. Michel : Vieilles maisons dans Angers el /' Anjou, p. 292-299. — Ch. Ciseau : Congrès archéologique,1911, tome I, p. 254-256.
PL XCVII à XCIX. — Rennes. — Hôtel de La Moussaye. — Saint-Brieuc. — Maisons
rue Fardel, iy, 32 et 34.
La Renaissance bretonne, dont nous avons déjà vu un spécimen assez singulier avec la maisonde Roscoff, est féconde en rencontres inattendues d’un classicisme parfois très accusé en même tempsque d’un caractère rude, fruste et assez barbare. La façade à pans de bois que nous montre la cour del’hôtel de La Moussaye, à Rennes, est cependant d’un caractère élégant et sobre qui rappelle les meilleuresdes créations précédentes; mais, à Saint-Brieuc, le caractère breton s’accuse davantage dans la lourdeurcompliquée de l’une des façades, celle du n° i5, où les éléments mis en œuvre sont encore pourtant à peuprès corrects, dans la sauvagerie singulière de l’autre, où colonnes et balustres renflés, suivant un galbequi n’a plus rien de classique, font songer à quelques motifs hindous ou Scandinaves, où les chapiteauxne se donnent plus la peine de copier ou de pasticher, même maladroitement, les modèles gréco-romains;l’on ne saurait non plus y entrevoir de réapparition d’un tvpe médiéval; la fantaisie un peu lourde maisassez logique du charpentier s’v joue comme celle d’un créateur volontaire de motifs de décoration moderne.