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3 [1913]
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HOTELS ET MAISONS I)E

LA RENAISSANCE

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PI. XCY. Beauvais. Maison, rue Saint-

Laurent.

Cette maison nous offre dans le dessin de ses pansde bois plus de fantaisie et de variété que la précédente.Des motifs gravés dans la face des maîtresses poutres, ladiversité dajustement des briques qui forment le hourdis,la présence de carreaux de faïence qui rappellent ceux dela rue de la Manufacture (voir tome I, pl. XCVIh, entinles consoles pittoresques qui soutiennent l'encorbellementlui donnent une vie et un agrément tout autres. Toutefoisla nature des motifs ainsi utilisés, surtout pour les sculp-tures des consoles, portent bien la marque du xvi siècleavancé. Ces animaux fantastiques rappellent plus leschimères et les sphinx que les dessinateurs du temps ontrépandus à foison et- que les huchiers leur ont empruntéspour orner tables et bahuts, que les fantaisies réalistesdu xv e siècle.

Pl.XCVI. Angers. Maison, 24, rue des Poêliers.

Fig. 42. Beauvais: Maison rue Saint-Laurent

intérieur de la cour La nature de certains des éléments décoratifs ici

utilisés, tels que les pilastres garnis au milieu dunlosange ou dun disque, permet peut-être de dater de quelques années plus tôt cette maison dAngers. Pourtantil sen rencontre d'autres, tels que les cariatides engainées de la partie gauche, ou celles du troisième étage quisont évidemment dun style plus tardif. Ces cariatides, assez grossières du reste, se rencontrent plusieurs foisdans des constructions de la ville et de la région. On en peut noter par exemple à Saumur et, à Angers même,on en vovait dans nombre de maisons démolies dont les débris ont été recueillis au Musée Saint-Jean; il enreste encore en place dans une maison de la rue de lOisellerie, proche de la cathédrale, ainsi que dans celledite de Simon Poisson, dans la Doutre. qui porte la date de 1082. Une autre, rue Pocquet-de-Livonnière, n" b,avec les mêmes motifs, est datée de iôyy. Pour la maison de la rue des Poêliers, à moins dy supposer desadditions postérieures à l'édification primitive, elle ne doit être datée que des années 1070 à 1080, malgrécertaines survivances du style François P r très explicables dans cette région de la Loire il avait été sibrillant et si actif.

Bibliographie : A. Michel : Vieilles maisons dans Angers el /' Anjou, p. 292-299. Ch. Ciseau : Congrès archéologique,1911, tome I, p. 254-256.

PL XCVII à XCIX. Rennes. Hôtel de La Moussaye. Saint-Brieuc. Maisons

rue Fardel, iy, 32 et 34.

La Renaissance bretonne, dont nous avons déjà vu un spécimen assez singulier avec la maisonde Roscoff, est féconde en rencontres inattendues dun classicisme parfois très accusé en même tempsque dun caractère rude, fruste et assez barbare. La façade à pans de bois que nous montre la cour delhôtel de La Moussaye, à Rennes, est cependant dun caractère élégant et sobre qui rappelle les meilleuresdes créations précédentes; mais, à Saint-Brieuc, le caractère breton saccuse davantage dans la lourdeurcompliquée de lune des façades, celle du n° i5, les éléments mis en œuvre sont encore pourtant à peuprès corrects, dans la sauvagerie singulière de lautre, colonnes et balustres renflés, suivant un galbequi na plus rien de classique, font songer à quelques motifs hindous ou Scandinaves, les chapiteauxne se donnent plus la peine de copier ou de pasticher, même maladroitement, les modèles gréco-romains;lon ne saurait non plus y entrevoir de réapparition dun tvpe médiéval; la fantaisie un peu lourde maisassez logique du charpentier sv joue comme celle dun créateur volontaire de motifs de décoration moderne.