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HOTELS E T MAISONS L) E LA RENAISSANCE
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devant ces deux cariatides engainées, avec des torses réalistes, des visages dont l’expression est animée etvivante, à ces morceaux toulousains dont nous avons noté tout à l’heure la verve plus abondante encore. Quantau Neptune, c’est une académie assez ambitieuse qui fait songer à Jean de Bologne et aux divers élèves qui ontrépandu son enseignement par toute l’Europe.
PL LXXXVII. — Beauvais. — Maison, ù, rue de la Frette.
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Cette maison, appelée parfois Maison du Poni d’Amour, est située à l’angle de la rue Beauregard etde la rue de la Frette et présente une disposition de pan coupé formant trompe assez originale. Il est fâcheuxque l’on ait eu, récemment, l’idée de remplir l’espèce de niche que forme la base du pan coupé par une fontainemoderne qui en dénature le caractère.
La maison fut construite en i5Ô2 par l’architecte Guillaume Petit. En dehors de la particularité dupan coupé, son architecture offre un assez agréable mélange de brique et de pierre et une ordonnance de pilastresdiscrets, doriques au rez-de-chaussée, ioniques au premier étage, qui prépare et fait prévoir ce que l’architec-ture de l’époque de Henri IV va réaliser un peu partout en France, mais surtout dans la région parisienne.
Bibliographie : Abbé Liban : Beauvais, sa cathédrale, ses principaux monuments, 1885. — Congrès archéologique de France,190.S. P- 3 °-
Pl. LXXXVIII. — Amiens. — Maison du Sagittaire, 57, rue des Vergeaux.
Cette maison, dont le seul intérêt est sur la façade, est datée de i 5 g 3 . Son nom lui vient de l’enseignefigurée au-dessus des deux arcs du rez-de-chaussée. Elle nous offre un type très caractéristique des déformationset des surcharges que présentent les tentatives classiques dans certains milieux provinciaux à la fin de laBenaissance.
Deux grandes arcades en tiers-point au rez-de-chaussée abritaient certainement des boutiques. A droiteet à gauche, deux pilastres cannelés de type toscan annoncent l’inévitable superposition des ordres qui se pour-suivent effectivement au premier et au second par l’ionique et le corinthien. Mais ce qui frappe le plus, jusqu’àfaire oublier cette correction pourtant intentionnelle, c’est l’extrême entassement de la sculpture décorative :muHes de lions, rinceaux, postes, entrelacs, frontons coupés jusque dans les écoinçons du rez-de-chaussée, oùparaissent quatre lourdes figures de femmes caressant des oiseaux dont on est assez embarrassé pour définirle sens allégorique possible et môme probable.
BrBUOGRAPHiE : Auguste Janvier : Picardie historique et monumentale, tome I , p. 86. — Palustre : La Renaissance en France,tome I, p. 33. — Manuscrits de Pagès, marchand d'Amiens, édité par Louis Douchet, Amiens 1856-64. Tome II, p. 180. — Pierre Dubois :Guide sommaire du touriste èi Amiens, p. 95.
PL LXXXIX. — Paris. — Hôtel de Lamoignon, 24, rue Pavée.
Cet hôtel de grande allure que nous avons désigné sous son nom habituel d’hôtel de Lamoignon devraitl’être en réalité comme celui de Diane de France, duchesse d’Angoulème, fille légitimée de Henri II et de Dianede Poitiers dont la figure funéraire, exécutée par Thomas Boudin, se voyait jadis dans l’église voisine desMinimes de la place Royale et a trouvé asile aujourd’hui dans la crypte de Saint-Denis. C’est cette personnequi fit élever l’hôtel qui se dresse encore au coin de la rue Pavée et de la rue des Francs-Bourgeois,et cela avant 1076, puisqu’il figure dans le recueil des Plus excellents bâtiments de France d’Androuet duCerceau. Il porte les emblèmes de Diane ou plutôt ceux de sa mère", croissants et attributs de chasse, et l’on esten droit de chercher son auteur parmi les plus grands artistes du xvi e siècle, étant donnée l’estime où letenait du Cerceau. Malheureusement aucun renseignement précis ne nous permet d’en nommer l’un ou l’autre.
Quoi qu’il en soit, c’est un ensemble d’architecture extrêmement typique des progrès et des ambitionsdu style classique. C’est un des rares exemples d’architecture privée de ce temps où ait été employé l’ordrecolossal. On sait que Bullant s’était servi de cet ordre aux Tuileries après l’avoir introduit chez les Mont-morency. à Ecouen et à Chantilly. Ce n’est pas toutefois une raison absolument suffisante pour lui attribuer