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3 [1913]
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der Stadt Düsseldorf

HOTELS E T MAISONS L) E LA RENAISSANCE

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devant ces deux cariatides engainées, avec des torses réalistes, des visages dont lexpression est animée etvivante, à ces morceaux toulousains dont nous avons noté tout à lheure la verve plus abondante encore. Quantau Neptune, cest une académie assez ambitieuse qui fait songer à Jean de Bologne et aux divers élèves qui ontrépandu son enseignement par toute lEurope.

PL LXXXVII. Beauvais. Maison, ù, rue de la Frette.

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Cette maison, appelée parfois Maison du Poni dAmour, est située à langle de la rue Beauregard etde la rue de la Frette et présente une disposition de pan coupé formant trompe assez originale. Il est fâcheuxque lon ait eu, récemment, lidée de remplir lespèce de niche que forme la base du pan coupé par une fontainemoderne qui en dénature le caractère.

La maison fut construite en i5Ô2 par larchitecte Guillaume Petit. En dehors de la particularité dupan coupé, son architecture offre un assez agréable mélange de brique et de pierre et une ordonnance de pilastresdiscrets, doriques au rez-de-chaussée, ioniques au premier étage, qui prépare et fait prévoir ce que larchitec-ture de lépoque de Henri IV va réaliser un peu partout en France, mais surtout dans la région parisienne.

Bibliographie : Abbé Liban : Beauvais, sa cathédrale, ses principaux monuments, 1885. Congrès archéologique de France,190.S. P- 3 °-

Pl. LXXXVIII. Amiens. Maison du Sagittaire, 57, rue des Vergeaux.

Cette maison, dont le seul intérêt est sur la façade, est datée de i 5 g 3 . Son nom lui vient de lenseignefigurée au-dessus des deux arcs du rez-de-chaussée. Elle nous offre un type très caractéristique des déformationset des surcharges que présentent les tentatives classiques dans certains milieux provinciaux à la fin de laBenaissance.

Deux grandes arcades en tiers-point au rez-de-chaussée abritaient certainement des boutiques. A droiteet à gauche, deux pilastres cannelés de type toscan annoncent linévitable superposition des ordres qui se pour-suivent effectivement au premier et au second par lionique et le corinthien. Mais ce qui frappe le plus, jusquàfaire oublier cette correction pourtant intentionnelle, cest lextrême entassement de la sculpture décorative :muHes de lions, rinceaux, postes, entrelacs, frontons coupés jusque dans les écoinçons du rez-de-chaussée,paraissent quatre lourdes figures de femmes caressant des oiseaux dont on est assez embarrassé pour définirle sens allégorique possible et môme probable.

BrBUOGRAPHiE : Auguste Janvier : Picardie historique et monumentale, tome I , p. 86. Palustre : La Renaissance en France,tome I, p. 33. Manuscrits de Pagès, marchand d'Amiens, édité par Louis Douchet, Amiens 1856-64. Tome II, p. 180. Pierre Dubois :Guide sommaire du touriste èi Amiens, p. 95.

PL LXXXIX. Paris. Hôtel de Lamoignon, 24, rue Pavée.

Cet hôtel de grande allure que nous avons désigné sous son nom habituel dhôtel de Lamoignon devraitlêtre en réalité comme celui de Diane de France, duchesse dAngoulème, fille légitimée de Henri II et de Dianede Poitiers dont la figure funéraire, exécutée par Thomas Boudin, se voyait jadis dans léglise voisine desMinimes de la place Royale et a trouvé asile aujourdhui dans la crypte de Saint-Denis. Cest cette personnequi fit élever lhôtel qui se dresse encore au coin de la rue Pavée et de la rue des Francs-Bourgeois,et cela avant 1076, puisquil figure dans le recueil des Plus excellents bâtiments de France dAndrouet duCerceau. Il porte les emblèmes de Diane ou plutôt ceux de sa mère", croissants et attributs de chasse, et lon esten droit de chercher son auteur parmi les plus grands artistes du xvi e siècle, étant donnée lestime letenait du Cerceau. Malheureusement aucun renseignement précis ne nous permet den nommer lun ou lautre.

Quoi quil en soit, cest un ensemble darchitecture extrêmement typique des progrès et des ambitionsdu style classique. Cest un des rares exemples darchitecture privée de ce temps ait été employé lordrecolossal. On sait que Bullant sétait servi de cet ordre aux Tuileries après lavoir introduit chez les Mont-morency. à Ecouen et à Chantilly. Ce nest pas toutefois une raison absolument suffisante pour lui attribuer