38
HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
PL LXXX 1 II. — Bar-le-Duc. — Maison, rue des Ducs-de-Bar, 41.
La ville haute comme la ville basse de Bar-le-I)uc, dans la rue du Bourg- et la place Saint-Pierrecomme dans la rue des Ducs-de-Bar, comprend un grand nombre de ces maisons dont la date varie entre lerègne de François 1 er et celui de Louis XIII, mais dont le type est presque toujours identique et sans grandintérêt, sinon pour nous montrer l’application du placage plus ou moins régulier des ordres antiques appliquésà la décoration de façades monotones sans saillie et sanspittoresque.
Celle-ci, qui peut dater des environs de i. 50 o oui5yo, est une des plus régulières et l’une des plus riches,avec ses pilastres cannelés à chapiteaux corinthiens et sesfrises décorées d’armes antiques.
PL LXXXIV. — Nancy. — Maison, 29, Grande
Rue.
La « Ville vieille» de Nancv conserve encore,
j
au long de la Grande Rue et de la rue Saint-Michel,une série de vieux logis qui datent seulement pour la plupartmous en avons cependant étudié un plus ancien au tome ILpi. LXI) de la seconde moitié du xvi e siècle, mais quiconservent encore sur leur emplacement étroit, exigu etprofond, la disposition et un peu la physionomie des vieuxlogis du moyen âge de Tours ou de Lyon, par exemple :
porte étroite sur la rue, plus ou moins ornée, avec une
boutique à côté, ouvrant sur un long couloir qui dessert uneou deux cours peu spacieuses mais très ornées; ces courscomportent notamment un développement d’escaliers àdemi-ajourés et de galeries jetées d’un corps de bâtiment àl’autre tout à fait tvpiques. Le n° 92 de la Grande Ruecomprend ainsi un ensemble très complet dont on trouvera ci-contre un détail, l’n peu plus spacieuse, la cour dunuméro 29 a permis la photographie de la planche LXXXIV, qui montre deux de ces galeries superposéesavec de riches balustrades de pierre ajourées et de belles consoles monumentales pour soutenir les paliersen encorbellement. On y voit également assez bien la disposition de l’escalier avec les deux grandes baies
en plein cintre qui l’éclairent et, de plus, au premier plan, le puits qui forme un élément essentiel de la
décoration de ces cours intérieures. Celui-ci porte la date de 1Ô72.
Fie. 41. — Nancy : 92, Grande Rue. Détail de l’escalier
Bibliographie : K. de Souhesmes : Xancy inconnu. Mémoires de la Société d’archéologie Lorraine, 1899. —André Hallays :Xancy (Villes d'art célèbres), p. 38 (iig. ).
PL LXXXV et LXXXVI. — Nancy. — Puits, 92 et 13, Grande Rue. — Fontaine, 10, rue de la Source.
Ces puits, placés dans l’angle des courettes, sont très nombreux et assez variés, bien que lesartistes de l’époque ne se permettent plus grande fantaisie sinon dans la composition. Nous en reproduisonsdeux dont l’un appartient à l’ensemble déjà cité du n° 92 de la Grande Rue et l’autre, plus sobre et plusrégulier avec ses deux grands pilastres et son encadrement garni d’un beau cartouche et d’un rinceau élégant,porte la date de 1Ô97.
Dans le cartouche se lit l’inscription qui indique les préoccupations religieuses et prédicantes du maî-tre du logis :
VeRBUM DoMINI MANET IN ETE H N IM.
La fontaine qui décore la cour du n° 10 de la rue de la Source, désigné comme l’ancien hôtel du mar-quis de Ville, est d’un goût beaucoup moins pur et d’une fantaisie beaucoup plus amusante. On pense un peu.