HOTELS ET MAISONS DE l.A RENAISSANCE
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Les petites eolonnettes ioniques et corinthiennes qui se voient dans les rampants ont été en grandepartie restituées. Ces rampants, ont du reste été malheureusement aveuglés à l’intérieur et les baies de l’escalierqui devraient être ouvertes sont vitrées pour les nécessités de l’habitation.
Bibliographie : Cerf (l’abbé) : Le vieux Reims, 1875. — Givelet : Visite aux anciennes maisons de Reims , 1863. — Jadart :Anciens hôtels de Reims. (Congrès archéologique de France , 1911), p. 145. — Edm. Herbé : Bulletin de la Société des Amis du Vieux Retins jIW’ P- 36-38-
PI. LXXX. — Cheminée provenant d’une maison de Chàlons-sur-Marne, transportée au
Musée de Cluny.
C’est en 1849, d’après des renseignements tirés des archives du Musée de Cluny, que du Sommerardacheta pour la somme de 1.000 francs, d’un certain Stevenel, demeurant 32 , rue de V’aux, à Châlons-sur-Marne,deux cheminées dont l’une représente Diane surprise au bain par Actéon, sujet mythologique très fréquemmenttraité d’après des estampes courantes du xvi' siècle, l’autre, un sujet évangélique, Y Apparition du Christ à laSamaritaine. C’est celle que nous reproduisons ici. Le haut-relief qui décore le manteau de la cheminée esttraité dans un esprit pittoresque et avec assez de raffinement. Il est flanqué de deux grands génies nus quirappellent les motifs académiques des stucs de Fontainebleau modelés par le Rosso et surmonté d’une frised’armes antiques d’un beau travail.
Au-dessous court une frise à rinceaux réguliers qui orne le linteau de la cheminée dont les piédroitssont formés par deux termes barbus et cornus. La base de ces termes porte à droite la date de 1 5 ô2 et à gauchel’inscription : Hugues Lalleme...
Du Sommerard a cru que cette inscription était une signature. Ce serait, du reste, une despremières que nous pourrions relever aussi ostensiblement. Mais le nom de Hugues Lallement est reconnuaujourd’hui pour celui d’un des propriétaires de la maison à l’époque de sa construction et les identificationstentées avec tel ou tel artiste de la ville ou de la région tombent devant cette constatation.
Bibliographie : Du Sommerard : Catalogue du Musée de Cluny, n° 1 y 1. — Grignon : Recherches sur les artistes châlon-nais, 1889, p. 33.
PI. LXXXI et LXXXII. — Luxeuil. — Maison dite de François I er .
Cette importante maison de pierre à arcades, sise à l’angle de la rue de la Gare et de la Grande Rue,est dite parfois Maison du Juif et plus souvent Maison de François 1 er . Elle parait toutefois assez postérieureau milieu du xvi' siècle. Nous avons pourtant noté déjà, dans certaines constructions de l’est de la France, descaractères de classicisme assez précoce. Il est tout à fait évident que l’architecture de cette maison, commeaussi celle de la maison de la place de la Baille, présente des analogies certaines avec celle du palais Granvelleà Besançon (voir plus haut, pl. XII et XIII) qui date des environs de i 5 qo. Mais, d’autre part, on peut lacomparer aussi avec la maison de Montbéliard qui fut élevée en ifxiq pour le comte de Wurtemberg. Il v alà une sorte de formule classique d’importation italienne directe, moins souple et moins variée que celles quipurent s’acclimater dans les diverses provinces françaises. Le caractère dominant en est la rigoureuseapplication des trois ordres superposés, dorique, ionique et corinthien. Le type des colonnes ainsi plaquéessur la construction est assez correct de proportions et de détails. Le reste de l’ornementation est d’unegrande sobriété. Quelques masques, quelques volutes apparaissent çà et là, mais les fenêtres ont gardéleurs croisillons et la haute silhouette du comble rappelle encore les maisons gothiques plus que les palaisà l’italienne dont les toits plats seraient inadmissibles dans ces régions de l’Est où la neige tombe en abondance.
La partie la plus originale toutefois de la construction est sans contredit cette galerie à arcades sur-baissées du rez-de-chaussée sur laquelle s’ouvrent les boutiques et qui est soutenue par un système de gros arcsdoubleaux correspondant aux piles de la façade dont l’un toutefois se divise en deux branches pour encadrer laporte d’entrée de l’immeuble.
Bibliographie : De Soultrait : Xotice sur les monuments civils de Luxeuil, 1883, . — Guide historique de Luxeuil , par unhabitant du pays... s. d.