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HOTELS HT MAISONS L> H HA K K N A I S S A NC H
son plan la forme la plus simple et la plus traditionnelle: un sous-sol, deux étages et un comble, avecdeux pignons latéraux et une lucarne monumentale sur le devant, chaque étage ne comportant guèrequ'une seule grande pièce et desservi par un escalier à vis contenu dans une tourelle ronde placée sur l’anglegauche du bâtiment et dressant au-dessus du comble une poivrière aiguë. Fn pendant à celle-ci, au côté droitdu bâtiment, une autre tourelle, également ronde et couronnée d’une poivrière et d’une girouette, contientnon pas un escalier, comme on l'a écrit, mais une série de réduits assez exigus, identiques à ceux qu’ontrouvait dans les tourelles gothiques, à ceux qu’on agença au xvr' siècle, soit dans des échauguettes, soit dansces petits pavillons carrés que nous avons notés à l’hôtel Cabu d’Orléans.
Sur la façade antérieure, entre les deux tourelles, des fenêtres bien percées et très rapprochées consti-tuent une sorte de claire-voie dont nous avons déjà rencontré bien des exemples, à Orléans en particulier.
L’ornementation de la façade, par contre, est assez avancée, lespilastres, les cartouches, les frontons, surtout, sont d’un style très classique,les frontons néanmoins, très rapprochés et formant comme une frise continue,sont bien moins logiques que ceux de l'hôtel Chapelaines dont ils paraissentse souvenir et dont chacun couronnait nettement sa fenêtre.
A l’intérieur de la grande salle du rez-de-chaussée se voit la chemi-née monumentale que reproduit notre planche LXXY 111 . La proportion d’en-semble en est majestueuse. Les deux belles colonnes corinthiennes qui laflanquent, l’entablement qu’elles supportent et qui se relie très heureusement auplafond à poutrelles sont d une allure élégante et noble. On se prend déjà,cependant, à regretter les motifs d’amours et de guirlandes qui viennent,un peu inutilement, couper les colonnes; mais on voit surtout avec peine, enavant de l’arc de décharge qui orne logiquement le manteau de la cheminée, et le dissimulant presque, ce vastefronton dont la silhouette découpée et ajourée rappelle les couronnements de bois découpé et refouillé fortpeu logiques de certains meubles du temps. L'ensemble est riche et assez pittoresque, mais il se rattache déjàà ce goût de décor compliqué et surchargé qui va sévir sous les derniers Valois,.
Bibliographie : Aufauvre : T raves et ses environs. — Fichot : Statistique monumentale de l'Aube , tome III. — Lucien Morel-Payen : Nouveau guide de l’étranger dans Tioves, p. 79, grav. — Id. : Troyes et Provins (Villes d’art célèbres), p. 82-84.
Fig. 40. — Troyes : IIotki.DE VaUIXISANTPlan du rez-de-chaussée
PL LXXIX. — Reims. — Hôtel de La Salle, 4, rue de l’Arbalète.
Cet hôtel où naquit en i 65 t Jean-Baptiste de La Salle, fondateur de l’institut des frères des écoleschrétiennes, et qui porte le nom de sa famille, date du milieu du xvF siècle et fut construit pour un marchand deReims, nommé Henri Choilly qui acheta le terrain en 1544. François de la Salle en devint propriétaire en 1609.
La façade sur rue, d'ailleurs assez dénaturée aujourd'hui, porte une date de i 5 qô qui en ferait uneœuvre relativement précoce ; mais la maison, si ce corps de bâtiment est antérieur à la mort de François I er , dutêtre reprise et complétée sous Henri II et même peut-être plus tard encore. La date de lôSy se lit du reste àl’intérieur de la cour. C’est de cette seconde campagne de construction que date aussi certainement la ported’entrée flanquée de deux cariatides engainées.
A l’intérieur, la cour présente une double ordonnance de pilastres cannelés couronnée de frises quicomportent au premier étage des triglvphes alternant avec des patères, au second des cornes d’abondanceaccouplées. C’est un thème de décor classique analogue à ce que nous montrent plusieurs fragments deconstructions rémoises, tels que le portail de la rue du Barbàtre ( n" i 42 ) ou la porte sur cour de la rue Cour-meaux (n° 3 oi.
Mais le motif le plus intéressant de cet ensemble-ci est sans conteste l’escalier à vis qui s'inscrit àl’intersection des deux corps de bâtiment dans le coin de la cour, suivant une disposition très ancienne. Lafaçon dont les pans qui font saillie sur la cour en étaient jadis ajourés n’est pas nouvelle non plus. Nousl’avons notée bien des fois dans le centre, à Riom ou à Montferrand. Mais tout l’agencement est ici régulariséà l'antique, décoré de postes et même de triglvphes obliques assez inattendus. Le contrefort lui-même, qui sedresse au centre, s'orne de pilastres rappelant ceux de la façade et présentant comme eux les caractéristiquesdes ordres doriques et ioniques superposés. Le dernier étage de la tourelle, dont le toit est tronquémalheureusement, présente des chapiteaux corinthiens.