PI. LXX. — Dijon. — Maison des Cariatides, 28, rue Chaudronnerie.
Nous touchons et nous dépassons même, sans doute, l’extrême fin du siècle avec cette maison qui futconstruite pour Jean Pouffier, seigneur de Taniot, lequel fut échevin en rôoi. C’était un marchand de ferdont la marmite fleurie que l’on voit sur les façades était comme l’enseigne ou au moins l’emblème. Lamaison, avec sa façade sur rue, parait bien avoir compris une boutique dès l’origine. Bien que construiteen pierre, elle rappelle un peu le tvpe de certaines maisons de bois et les cinq cariatides qui s’alignentà chaque étage n’ont pas beaucoup plus de qualités de style que ces sculptures taillées à mêmeles poutres de nos pans de bois. C’est de l’art classique très alourdi et vulgarisé.
Bibliographik : Chabeuf : Dijon , Monuments cl souvenirs, p. 417.
PI. LXXI. — Dôle. — Hôtel de Balay, 7, rue Montroland.
Nous avons déjà vu, avec le palais Granvelle de Besançon, le caractère très particulier de cetteRenaissance franc-comtoise relativement précoce dans le classicisme et sans grand contact avec le développe-ment de l’art français. Il ne manque pas à Besançon même de ces hôtels de la seconde moitié du xvi* siècle,comparables à celui-ci avec leurs fenêtres carrées, leur aspect un peu fruste, leurs grilles ouvragées et leurscorniches saillantes, l’hôtel Buxon d’Auxon ou l’hôtel d’Anvers par exemple.
Ln grand escalier à rampes droites occupe ici le centre du bâtiment donnant, avec le vestibule trèsvaste, une place perdue considérable. L’ampleur des proportions n’a plus rien à voir avec le charme modestedes habitations françaises courantes au début du siècle.
Une cheminée monumentale conservée au Musée et provenant de cet hôtel offre un assemblagecomposite de colonnettes. de cariatides, de cartouches et de petits reliefs avec l’emploi de marbre de couleursvariées qui est d'un goût assez étrange.
Bibi.iogkaphik : Congrès archéologique de France, 1891, p. 49, pl.
PL LXXII. — Langres. — Hôtel Dubreuil de Saint-Germain, 2, rue Chambrulard.
Cet hôtel comprend un grand corps de logis rectangulaire, élevé en i 58 o et flanqué à l’un des anglessur la rue d’une échauguette assez curieuse. Du côté opposé une aile a été ajoutée au xvui' siècle. Le milieudu bâtiment est occupé par un vaste escalier à rampes droites dont le motif de façade reproduit ici formel’entrée.
Les lucarnes, l’échauguette et surtout la porte de la façade sont décorées dans ce goût classiqueassez chargé que l’on retrouve dans l’ornementation du château du Pailly, voisin de Langres et qui appartientà la même famille. C’est une accumulation de bossages rustiques ou de pointes de diamant, de frises ornéesde palmettes ou de rinceaux, de mufles de lions, de cornes d’abondance et de vases de fleurs qui rappellent unpeu la redondance de la Renaissance dijonnaise ou toulousaine. Les colonnes même sont comme habilléesde guirlandes de feuillages traitées avec naturel.
Pl. LXXIII à LXXVI. — Langres. — Hôtel 20, rue du Cardinal-Morlot.
C’est également au dernier tiers du xvi e siècle, sans qu’on en ait établi jusqu’ici la date ni l’histoireexactes, qu’appartiennent ces deux maisons de Langres d’une architecture très voisine l’une de l’autre, dontl’une ( 10, rue Saint-Didier) sert aujourd’hui d’évêché et l’autre (20, rue du Cardinal-Morlot), assez médiocre-ment occupée, a été récemment classée et restaurée par le service des Monuments historiques 11).
(1) La restauration a été conduite par M. Tillet, architecte des Monuments historiques, à l’obligeance duquel nous sommesredevables de la photographie et du plan ci-joints.