Druckschrift 
3 [1913]
Seite
31
Einzelbild herunterladen
 

Fl OTE LS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

DI

cour a été éventrée par les démolitions de la montée Saint-Barthélemy; un bâtiment moderne et une façadeconçue dans un style approximatif terminent limmeuble de ce côté. L/escalier seul, dont nous donnons ici ledépart, est intact avec la triple galerie qui servait à mettre en communication à chaque étage la cage delescalier et le corps de logis postérieur. Les dispositions essentielles étaient celles que nous avons tant de foisrencontrées depuis le xv e siècle et dont la ville de Lyon même nous a donné des exemples typiques (voirtoine 1, pi. LYII-LV11I). Lescalier même est encore formé par une vis tournant autour dun noyau plein.Mais la régularisation voulue des arcades en plein cintre et de leurs supports transformés en colonnes toscanes,le motif de la petite niche surmontée dun fronton coupé qui se trouve au bas de lescalier, indiquent uneépoque assez avancée.

Nous ne savons pas la date exacte à laquelle fut élevée cette partie de la demeure de Claude Paterin,fils dun lieutenant général de la sénéchaussée, mais elle nest certainement pas antérieure au règne de Henri II.Les exemples de Philibert de l'Orme avaient porté leurs fruits : de nombreuses tentatives dadaptationitalienne sétaient produites à Lyon même, comme cette porte de la rue du Bœuf que nous avons reproduite(Intr. p. in et qui dérive directement dun dessin de XArchitecture de Serlio. Tout autour de lhôtel Bullioud,au i5 de la montée Saint-Barthélemy, au 22 de la rue Juiverie, des galeries sordonnaient ainsi, rappelantdans leurs superpositions régulières les portiques des palais florentins ou romains.

Bibliographie : A. Janiot : Inventaire général du vieux Lyon. Lyon 1906, p. 37, tig. 17.

PL LXII et LXI11 Dijon. Hôtel de Rochefort, =)6, me des Forges.

Cest en arrière d'une grande maison gothique de la rue des Forges qui est dite couramment, maissans raison sérieuse, hôtel de Rochefort , à quelque distance de lhôtel Chambellan que nous avons étudié autome I (pl. LIX), que se trouve cette jolie façade du milieu du x\T siècle.

Elle sert de frontispice à un second corps de logis desservi par un escalierà vis situé dans langle de gauche de la cour. (Voir le plan). Au rez-de-chaussée, ce logis comprenait une grande pièce lon pénétrait certaine-ment jadis par la cage de lescalier et non par la façade, et de plus unepetite pièce indépendante située dans le petit avant-corps de droite qui faitpendant à lescalier, comme à l'hôtel Cabu dOrléans (voir plus hautpl. XIV). Cette pièce servait sans doute de buanderie. Aux étages elledevait communiquer directement avec la grande pièce et lui servir de réduit.

On a supposé que la maison avait appartenu au xv e siècle à une famillede marchands, les Godrans; mais l'on ne sait rien de ses possesseurs auxvi e siècle. Toutefois, les écus grattés du deuxième étage paraissent avoir contenu les armes royales et lonpeut supposer que cest quelque officier ou fonctionnaire royal qui fit ajouter cette annexe à la maison primitive.

La date semble devoir en être placée à lextrême fin du règne de François 1 er , sinon au début de celuide Henri IL Toutefois le caractère déjà classique des ordonnances, le galbe assez pur des colonnes et lemodèle relativement exact suivi pour les chapiteaux, ioniques au rez-de-chaussée, corinthiens aux étages, nousont engagé à ne létudier quà cette place et parmi les œuvres de la pure Renaissance. Lessai, malgré ses ambi-tions classiques, montre encore néanmoins quelque maladresse; lasculpture, surtout dans les motifs des putti nus du second étage quitiennent des écussons armoriés, a une saveur, une grasse et vigoureusefantaisie qui rappellent encore le quattrocento italien ou la prime fleur dela Renaissance française. Beaucoup moins heureux sont les bas-reliefsreprésentant des combats de fantassins et de cavaliers qui ornent lenta-blement du rez-de-chaussée; la composition en est touffue et maladroite etlexécution inégale, mais limitation de quelques dessins ou modèles italiensv est flagrante : les costumes à lantique ou les nudités hardiment etmême violemment mouvementées le prouvent surabondamment.

Bibliographie : Chaheuf : Dijon , Monuments et souvenirs. Id. : Dijon àtravers les âges, p. 169-170. Clément Janin : Les vieilles maisons de Dijon, p. 164, 168.Kleinclausz : Dijon (Villes d'art célèbres), p. 87, tig.

PVTT3

Fig. 35. Dijon : Hôtel Bknigne SerrePlan du rez-de-chaussée

Fig. 34. Dijon : F'açade de lhôtelde Rochefort sur la courPlan du rez-de-chaussée