Druckschrift 
3 [1913]
Seite
30
Einzelbild herunterladen
 

3o

HOTELS ET MAISONS I)E

L A K E N A I S S A N C E

lisibles. A lextérieur même le rez-de-chaussée a perdu tout intérêt et le comble a être modifié. Mais aupremier étage apparaissent encore, sur chacune des deux rues dont la maison tait 1 angle, deux fenêtresrichement ornées de sculptures et composées de même de deux baies que limitent ici trois colonnettes.trois cariatides engainées. Sur ces trois supports repose un linteau abondamment orné de consoles, deguirlandes et de bucrànes ou de mufles de lions, tout cet ensemble étant encadré de deux motifs, colonnes oucariatides de plus grandes taille, supportant un entablement avec des frises de feuillages.

La fenêtre aux colonnes garde encore quelque tenue classique, mais celle des cariatides témoignedune verve fantaisiste et presque caricaturale dont nous navons pas encore trouvé léquivalent, même àToulouse pareille tendance sesquissait déjà cependant. Les cariatides avec leurs seins débordants qui

justifient lappellation populaire de la maison, leurs renflements inattendus,leur luxuriante parure végétale constituent des éléments très typiques duneRenaissance bien altérée par une imagination de décorateurs en délire etsans doute assez tardive.

Bibliographie : Tavlor et Nodier : Ioyagcs pittoresques dans l'ancienne France.Languedoc, T. II, (lithographies). Congrès archéologique de France, 1907, p 101, lig.

PL LX, Viviers. Maison Albert de Noé, place de lHôtel-

de-Ville.

Cette maison qui est appelée parfois « maison des Tètes ou desChevaliers», daprès certains motifs de la décoration de sa façade, sélève surune des petites rues étroites de la vieille ville épiscopale de Viviersqui se groupe si pittoresquement sur un rocher, à quelque distance de la rivedroite du Rhône.

La tradition veut que ce soit un certain Albert de Noé qui lait faitbâtir et lon donne parfois la date de 1 5^5 pour son édification, date invrai-semblable, au moins en ce qui regarde la façade qui nous intéresse ici.Celle-ci peut cependant avoir été ajoutée sur un corps de logis plus ancienet, de fait, la courette postérieure permet de voir divers détails de structureet même de décoration qui sont encore de pur style gothique, analoguesdu reste à ceux dun corps de logis accolé et qui possède un curieux pas-sage en pierre enjambant la rue.

La façade dut être exécutée au cours de la seconde moitié duxvi e siècle, dans ce stvle classique assez lourd et surchargé que nous venonsde rencontrer dans la région méridionale, à Narbonne notamment. Une réellepuissance et un goût de richesse décorative qui nest pas sans originalitéfait souvent passer par-dessus ces lourdeurs.

Le rez-de-chaussée na plus dintérêt, mais trois étages se superposent, abondamment ornés, dont deuxde belles proportions et le troisième sous lavancée du toit presque plat éclairant le grenier ou des piècessecondaires. Pilastres et colonnes sordonnent assez régulièrement sans reproduire toutefois exactement lesordres consacrés, mais dissimulant sous une apparence de colonnade antique les encadrements des baies etmême les meneaux verticaux des fenêtres. Au-dessous des fenêtres du premier étage, de forts médaillons enrelief rappellent encore les motifs en faveur sous François I er . A létage au-dessus, ce sont des reliefs pittoresquesqui représentent des combats et des défilés de cavaliers armés de pied en cap. Plus haut encore, des rinceauxà lantique dun dessin assez corsé, mais dune exécution un peu épaisse, comme,du reste, celle de tout lensemble.

Fig. 33. Viviers : M.msonAlbert de Noé

s' -V

1 * 1 ^'

PL LXL Lyon. Hôtel Paterin, 4, rue Juiverie.

Non loin de lhôtel Bullioud illustré par les additions que Philibert de lOrme y mit en place à sonretour de Rome et que nous avons étudiées plus haut (voir pl. X et XI), s'élève lhôtel Paterin; mais ici,non seulement le bâtiment antérieur sur la rue Juiverie a été dénaturé et noffre plus dintérêt, mais larrière-