HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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En dehors de cette porte magistrale, le logis de Jean deBagis est malheureusement très défiguré. Les fenêtres agrandiesont perdu leurs meneaux au xvm e ou au xix' siècle. Quant auxarcades qui se développaient le long des ailes et vers la rue, un peucomme à l'hôtel que Lescotet Goujon allaient élever peu après à Parispour le président de Ligneris, elles ont été aveuglées au xix e siècle;les travaux de François de Clary, du reste, dès le xvir siècle lesavaient déjà singulièrement altérées en les surchargeant d’ornementsbaroques. 11 en est de même d’une cheminée qui est toujours visibleà l’intérieur, dont le linteau appartient encore à l’époque de Jean deBagis, mais dont une lourde Pomone vient dénaturer l’élégance.
Bibliographie : de Verneilh : Congrès archéologique, 1874 (Visite auxvieilles maisons de Toulouse). — De Malafosse : Recherches sur Varchitecture à l’époquede la Renaissance. (Revue des Pyrénées ), 1891, n° 2, repris dans Etudes d'archéologieet d’histoire, 1898, p. 222-224. — Mgr. Douais : Matériaux pour servir à l’histoire del’art (i Toulouse, 1904, p. 124-132. — J . de Lahondès : Etude sur l'hôtel de Pierre(d’après le texte communiqué par l’abbé Douais). Bulletin de la Société archéolo-gique du midi de la France, 1896, p. 97-109.
PI. XLV à XLIX. — Toulouse. — Hôtel d’Assezat, me
de Metz.
L’hôtel d’Assezat est certainement l’une des constructionsciviles les plus importantes, les plus magnifiques et les plus ambi-tieuses qui aient été édifiées en France vers le milieu du xvi e siècle.On en peut comparer les ordonnances régulières et majestueuses àcelles môme que Lescot élevait vers le même temps pour le roi auLouvre et l’attribution que l’on en faisait jadis au Primatice n’étaitpas absurde en ce qu’elle s’appuyait à la fois sur le caractère nettement classique de l'œuvre et sur ses propor-tions exceptionnelles et vraiment princières.
C’est pourtant un simple bourgeois de Toulouse, issu d’une famille de négoce originaire du Rouergue,enrichi dans le commerce du pastel, qui en fit les frais, et c’est, nous le savons aujourd’hui par des textescertains, un maçon de Toulouse, Jean Castanié, dit Nicot, qui le construisit. Mais, de même que dans lesgrandes constructions royales, le maçon, qu’il s’appelât Chambiges ou Pierre Trinqueau, ne travaillait que sousla direction d’un artiste de culture plus étendue et d’esprit plus novateur qui s’appelait, sur la Loire ou à Paris,le Boccador, le Primatice ou Pierre Lescot, de même ici le maçon, dans son bail à besogne très explicitement rédigé,s’engage à bâtir l’hôtel « sous les ditz articles qu il a dit avoir faits écrire et ordonner à M e Nicolas Bachelier ».C’est donc encore ce grand artiste toulousain, à qui des traditions un peu aventureuses attribuaient jadis à tort età travers quantité d’œuvres disparates, qui se trouve confirmé, par des documents irréfutables, en possessionde cette œuvre capitale qui nous assure de l’importance extrême de son rôle initiateur et créateur.
Plus de quinze ans, d’ailleurs, s’étaient déjà écoulés depuis la construction de Jean de Bagis; deséglises, des chapelles, des châteaux aux environs de la ville avaient assisla réputation de Bachelier et lui avaient donné l’occasion de développerses talents. C’est en 1 55 1 que Pierre d’Âssezat commençe à acheter sonterrain, en 1 553 qu’il est nommé capitoul et cette arrivée aux honneursétait généralement l’occasion pour les notables Toulousains d’agrandiret de magnifier leur demeure, d’y faire élever notamment de ces toursd’escalier altières que l’on considère parfois comme une sorte de privi-lège du capitoulat. C’est en 1 555 que les marchés sont passés et, d’ail-leurs, cette date se retrouve sur la porte de l’édifice. Le maçon JeanCastanié mourut en 1 55/ et dut être remplacé; mais les dessins et lesplans donnés se poursuivirent. En 1 56 1 Pierre d’Assezat était encoreune fois capitoul; mais, quelques années plus tard, il embrassa lecalvinisme, lut banni et privé de ses biens. Les travaux s’arrêtèrent
Fig. 26. — Toulouse : Hôtel d’AssezatPlan du rez-de-chaussée
Fig. 25. — Toulouse : Hotei. d’AssezatPortail d’entrée
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