HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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sans doute avant leur complet achèvement. César Daly croyait discerner dans le bâtiment des parties quin’auraient été exécutées que sous Henri 111. Cela nous parait assez peu probable. A quelques nuances près,l’unité de stvle est parfaite et l’on sait du reste qu’après sa rentrée en grâce, en i58i, Pierre d’Assezatn’eut plus les revenus suffisants pour continuer ses entreprises.
L’hôtel cependant resta dans la famille jusqu’en 1761; il fut vendu alors à un M. Marcassus dePuvmaurin, appartint ensuite à une famille Gèze. Son dernier propriétaire, M. Ozenne, le légua aux Sociétéssavantes de Toulouse qui en ont pris possession en 1896.
L’hôtel comprend essentiellement un grand corps de logis, séparé de la rue par une vaste cour, surlaquelle une aile d’importance presque égale au corps principal et perpendiculaire à celui-ci continue l’ordon-nance de sa façade avec ses trois étages oùles couples de colonnes doriques, ioniques et corinthiennes sesuperposent régulièrement. Aucun comble apparent. Le parti italien est encore plus net, si cela est possible,que dans le Louvre de Lescot. Seul le pavillon de l’escalier, situé dans l’angle, domine en une espèce dedonjon de brique avec un lanternon et une tourelle accolée, unique concession, faite comme à regret, auxanciens usages de la construction française.
C'est dans ce pavillon que se trouve le belescalier à rampes droites avec un palier àchaque demi-étage, qui nécessite en hors-d’œuvre cette saillie que nous avons déjànotée à l’hôtel Granvelle à Besançon, quiest sensible également à l’hôtel de la La-banche à Brive quoique compensée par lagalerie et l’élargissement du pavillon, sailliedont l’épaisseur seule du bâtiment duLouvre dispensa Pierre Lescot. 11 semblebien que ce soit ce mode d’escalier quedésigne le marché de 1555 sous le nomexpressif de « vis à repos ». Ln autre esca-lier plus simple prit place vers l’extrémitédroite du corps de logis, vers le passagequi mène à l’arrière-cour, desservant lesappartements secondaires.
La cour devait être fermée ducôté de la rue par un bâtiment moins im-portant, tombant en biais sur l’aile, dont -r u ,, ,. ,
la façade extérieure n’a aucun intérêt,
mais qui comporte au rez-de-chaussée sur la cour, un vaste portique ouvert qui peut nous donner quelque
idée de ce qu’étaient les portiques de l’hôtel Carnavalet et de l’hôtel de Bagis avant leur modification au
xvii e siècle. Ici, toutefois, l’ampleur disproportionnée des arcades, la magnificence exceptionnelle du morceauet le caractère antique tout à fait frappant des éléments du décor font songer à cette clause qu’insérait siambitieusement vers le même temps notre Nicolas Bachelier dans le marché de construction du château deSaint-Jory où il est question de « colonnes corinlhes très louables et faites en tout à Vimitation de cellesqui sont dedans l eglise de la Rotonde à Rome, ou mieux s'il est possible ». Il est plus que certain aprèscela que notre Bachelier avait, comme Philibert de l’Orme, fait son éducation en Italie et relevé desédifices antiques.
Ce bâtiment même n’aurait sans doute pas atteint la hauteur des deux autres. Une simple
galerie surmonte le portique, et sans doute ne l’aurait-on pas faite beaucoup plus ample; il est probable
toutefois que la façade extérieure, si les ressources ou le temps n’avaient manqué, aurait été plussoignée. Seul peut être considéré comme achevé à l’extérieur le motif de la porte cochère avec sonencadrement de bossages à 1 italienne, son entablement et son fronton impeccable (voir la figure 25) où seretrouve beaucoup d’analogie, au moins dans l’inspiration, avec la porte du collège de l’Esquile qu’élevaBachelier vers le même temps.
Le quatrième côté de la cour ne dut jamais être bâti, mais on y disposa sur un mur mitoyen très élevéune sorte de passage en balcon soutenu par de belles consoles et abrité sous un auvent que supportent d’autresconsoles en bois; 1 ensemble est d’une disposition très originale et pittoresque. C’est simplement, du reste, unmoyen de faire communiquer la galerie du premier étage sur la rue avec le pavillon arrière où se trouve l’escalier