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3 [1913]
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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

2.3

du début du xvn' siècle. Mais la partie la plus considérable sans conteste, au point de vue de 1 histoire de larttoulousain, doit être cherchée dans le corps de bâtiment situé entre cour et jardin que lit élever, entre i 537 et1.539. un parlementaire du nom de Jean de Bagis qui ne devait devenir conseiller au Parlement quen i 5 q 8 .

Un texte capital, découvert par labbé Douais, nous a révélé que cette construction lut en partiedirigée par le célèbre Nicolas Bachelier , dont cest un des plus anciens travaux authentiques. Il y eut commecollaborateur un certain Antoine de fiscale que lon retrouve encore, quelque années plus tard, travaillant surses dessins au château de Lasserre ( 1 509 ) et qui est alors désigné comme * maître des œuvres et réparationsrovales en la sénéchaussée de Toulouse ». Pour le moment, le « bail à besogne » les met tous deux sur lemême pied et ils doivent être pavés à titre égal.

lin 1.539 les travaux étaient en pleine activité. Ils paraissent terminés, toujours daprès labbé Douais,en i 5 q 3 . Jean de Bagis, qui, du reste, n'habitait pas seul dans limmeuble et qui y louait des appartements àdiverses personnes, le conserva jusquen lôyo, date de sa mort; il le transmit à son héritier, Philippe de Paulo,qui lut président au Parlement. Celui-ci le vendit en 1601à Nicolas Guerrier, riche apothicaire, dont la fille, par sonmariage, porta à nouveau lhôtel en la possession dunprésident au Parlement, François de Clary(iôii). Cestcelui-ci qui fit faire, par un architecte que lon ignore, lesembellissements déjà signalés.

On cite ensuite, parmi les propriétaires, RichardDejean, puis Jean-Joseph Daguin, enfin M. Calvet-Bressonqui fit faire une grosse restauration en i 85 y par l'architecteAntoine Yitrv.

Le corps de logis primitif du fond de la courdonnait par derrière sur des jardins en contre-bas. 11était construit en brique avec des rehauts de pierre blanche,notamment aux encadrements des portes et fenêtres,suivant un système déjà largement utilisé à Toulouse. Maisdans cet édifice et dans sa décoration, un idéal nouveau desobriété et de simplicité se fait jour que M. de Malafosseavait déjà parfaitement noté, quoique ignorant encore letexte décisif de 1.537. H en avait rapproché notamment lesfenêtres de certaines parties conservées de l'hôtel Cheverrv<postérieures, mais dassez peu sans doute, à 1 535 . Il fautvoir dans ces combinaisons de colonnettes engagées etde plus en plus régulières les premiers spécimens de lartclassique gréco-romain qui se soient glissés dans larttoulousain, ils vont faire une si singulière fortune,détrônant lart plus pittoresque dérivé de la premièreRenaissance, que nous avons rencontré par exemple dans les parties les plus anciennes de lhôtel Mavnier oudu Vieux Raisin.

Une nouveauté qui apparaît également ici, cest celle de lescalier à rampes droites, utilisée peut-êtredéjà quelques années auparavant, dans 1 hôtel de Pantaléon Jaubert, rue Ninau, i 5 ; elle marque en tous cas1 esprit novateur de larchitecte. Celui-ci toutefois se révèle plus manifestement encore, peut-être, dans lacomposition de la porte que reproduit notre planche. Cest un morceau d'art classique dune très grande allureet dune saveur tout à fait originale. Ces cariatides dhommes barbus presque colossales, ces génies fémininsailés, demi-nus, dont le corps se termine en une gaine de feuillages abondants, sont de véritables créationsplastiques et monumentales dont les dérivés ne manqueront pas, mais dont aucun négalera la beautésouple et forte.

Les œuvres certaines, mais plus tardives, de Bachelier, comme la porte du collège de l'Esquile (voirfig. 1. Intr. p. 1) ou la porte démolie en 1 885 du petit Consistoire au Capitole (voir de Malafosse, Études etnotes d archéologie, p. 2q5), n auront plus cette fantaisie abondante et resteront purement ornementales.

On ne saurait malheureusement nommer le sculpteur qui aurait collaboré avec Bachelier en cetteoccasion. Le nommé Mellot, qui exécuta en 1 552 la porte du Consistoire, en était-il capable? On est tenté, aumoins pour le modèle, de lattribuer à Bachelier lui-même, à la fois architecte et sculpteur comme Goujon àParis, ou Sambin à Dijon.

Fig. 24. Brive : Hotei. de la LabancheCheminée du premier étage