22
HOTELS
ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
Fig. 22 .
- Brive : Hotki. de la LabanchePlan du premier etage
de colonnes classiques; mais -chaque palier est couronné parune voûte à la gothique dont les nervures reposent sur desculots décorés d’animaux ou de figures de très bon style.Nous avons trouvé déjà une disposition analogue dans unescalier de Villefranche-de-Rouergue ltome 11, pl. LXXXI.)
Cependant l’ensemble de la décoration est presqueclassique; ainsi la porte de l’escalier sous la galerie, avecses colonnes corinthiennes, son entablement orné de triglvpheset de bucrànes et son fronton garni de modillons; ainsil’encadrement des fenêtres du premier étage au dessus dela galerie; il faut remarquer toutefois combien la disposi-tion des baies est irrégulière par rapport à celle des arcadesde la galerie. Au dessus et au dessous de ces fenêtresparaissent des bustes saillants d'un grand caractère maisplutôt réalistes d’intention; ils n’ont pas autant que ceux duchâteau de Montai l’accent de portraits exacts et il y en aplusieurs qui sont certainement de pure fantaisie ; maisaucun ne reproduit simplement ces formules italiennesbanales, véritables passe-partout que l’on rencontre surles maisons, les châteaux et même les églises du temps.
On remarque aussi, sur le pavillon, la grande lucarne très ornée que reproduit notre planche XL1 ainsique de hautes souches de cheminées qui se parent d’une superposition de pilastres régulièrement disposés etdessinés selon les formules de la Renaissance classique (fig. 201 .
lui fi n, à l'intérieur, deux très belles cheminées enrichissent les salles du pavillon, l’une au rez-de-chaussée(pl. XL111 j a son manteau décoré très simplement par un grand arc de décharge; c’est un parti que nous retrou-verons sur une cheminée de Toulouse. Sur le linteau, un écusson est supporté par deux génies nus d’unmouvement vif et spirituel; le reste n’est que décor ornemental, mais d'une très savoureuse exécution.
L’autre cheminée (fig. 24 ) présente un décor plus ambitieux et une traduction moins heureusedes motifs en vogue. Le manteau comprend deux registres. Celui du haut, encadré de eolonnettes corin-thiennes, présente un cartouche flanqué de génies nus et de masques: celui du bas est décoré d'une frisereprésentant des combattants à pied et à cheval ; c’est quelque sarcophage antique qui a servi de modèle, à toutle moins de point de départ, à cette composition; mais la tra-duction, exécutée sans doute seulement d’après quelque dessinou gravure, est assez gauche et lourde. En somme, ici commepresque partout dans cette maison, l’ambition de se rappro-cher du modèle classique est très nette et très accusée; maisil y a bien des défaillances et des interprétations maladroites:telle celle des triglvphes de la porte de l’escalier dont lesgouttes tombent régulièrement à côté des canaux dont ellesdevraient être le complément (voir pl. XLI1).
Bibliographie : A. de Roumejoux : Bulletin de la Société scien-tifique et archéologique de ta Corrèze , t. XII, p. 23. — Bulletin monumental ,t. LV, p. 467-501. — Congrès archéologique de France, 1890, p. 36-39.
Nous devons les plans reproduits ci-contre à la complaisancede M. Macarit, architecte à Brives.
PL XL1V. — Toulouse. — Hôtel de Jean de Bagis,
25, rue de la Dalbade.
Cet hôtel, dont le corps de logis antérieur est bienconnu sous le nom de Maison de Pierre , est surtout célèbre ,,
riG. 23. — Brive : Hôtel de la Labanche
à Toulouse pour ses surabondantes décorations sculpturales Palier de l'escalier