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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
PL XXXV et XXXVI. — Clermont. — Maison des Architectes, 34, rue des Gras.
Située à l’angle de la vieille rue des Gras, qui monte à la cathédrale et d’une petite ruelle, cettemaison ne diffère en rien comme plan général de celles de la fin du xv e et du début du xvi e siècle, que nousavons rencontrées à Clermont, à Montferrand, à Riom et ailleurs. Seules la régularité et la correctionclassique de sa décoration révèlent une date tardive qu’aucune indication extrinsèque ne permet du restede préciser.
Une clef de voûte conservée aujourd’hui au Musée et venant de cette maison porte les armes de lafamille des Fonfreyde qui durent posséder l’immeuble. Une équerre et un compas, visibles dans un cartoucheau premier étage, ont sans doute donné naissance à l’appellation courante dont nous ne connaissons pas d’autreorigine. La façade sur la rue a été refaite au xvm e siècle à l’exception de la porte d’entrée.
Le corps de logis sur la rue, assez étroit, est traversé au rez-de-chaussée par un couloir qui aboutitdans une cour de même largeur. Celle-ci est encore rétrécie par une galerie partant de l’escalier pour desservirun second corps de bâtiment. L’escalier est en spirale, enfermé dans une tourelle qui, isolée à la partie haute,domine le comble, de sa poivrière d’ardoises agrémentée de petites lucarnes et de son épi de plomb jolimentorné. Légèrement en saillie dans l’angle de la cour, la vis, à chaque révolution, se limite par un simple balconorné, suivant une disposition courante à Montferrand et à Riom, qui permet d’éclairer l’escalier par degrandes baies largement ouvertes.
Quant à la galerie, elle se compose à chaque étage de trois arcades surbaissées de largeur inégale,séparées par des pilastres cannelés, suivant la même ordonnance que ceux de la façade postérieure de lamaison. L’exécution sobre et un peu sèche donne une impression de soin et de volonté classique très arrêtée.Les ordres se superposent correctement sur la façade du logis comme sur la galerie. La lucarne seulementrépète un deuxième ordre corinthien dans la façade, tandis que, dans la galerie, le second étage n’ayant jamaisété fait ou ayant été refait, laisse une lacune dans la série.
Bibliographie : Gilbert Rouchon : Congre s archéologique de France, 1895, p. 55. — Desdevizes du Désert et Bréhier : Clermont-Ferrand (Villes d’art célèbres), p. 75, (fig.).
Pl. XXXVII. — Montferrand. — Maison, 13, rue de la Fontaine.
La disposition de cette maison dite hôtel d’Albiai ou aussi maison du sire de Beaujeu n’offre riende nouveau par rapport à celles que nous avons rencontrées au tome I (pl. LXIII) et au tome II (pl. LXX).Ce sont toujours les deux corps de logis placés l’un derrière l’autre, en avant et en arrière d’une cour étroiteque traverse sur le côté une coursière à triple étage. Celle-ci réunit les deux logis et dessert notamment l’es-calier à vis ajouré qui fait partie du second corps. Seulement, ici comme dans l’hôtel du Montât à Riom, quidatait déjà des environs de i53o, l’escalier est complètement ajouré et la partie saillante de la cage ne présenteplus à chaque étage qu’une simple rampe ornée de reliefs, lesquels se réduisent ici à de simples écus armoriéssoutenus par des lions ou des griffons.
D’autre part, les façades de la rue et celles même de la cour se parent d’ordonnances régulières depilastres superposés très sobres et très froides. Mais surtout la coursière qui, jusque dans la structure de sesvoûtes, a renoncé complètement à l’ancien système gothique se transforme en triple portique aux arcades sur-baissées supportées par de très classiques piliers d’ordre toscan d’une robustesse énergique et d’une parfaitecorrection. L’ensemble malgré ses proportions restreintes donne, comme on l’a remarqué, l’impression d’un«vrai petit palais de style Henri II ». Il est possible toutefois que ces modèles classiques aient mis pluslongtemps à s’implanter ici qu’ailleurs et qu’il faille seulement dater cet ensemble des environs de i5"o ou i58o.
Bibliographie : Congrès archéologique de France , 1895, p. 97, (fig.). — Desdevizes du Désert : Clermont-Ferrand, (Villesd’art célèbres), p. 128-129, (fig-)-
PL XXXVIII. — Limoges. — Maison, 22, rue du Consulat.
D’abondantes et pittoresques vieilles rues existent encore à Limoges telles que la rue des Boucheries,ou, dans un autre quartier, les rues du Temple et du Consulat. Mais peu d’édifices intéressants y apparaissent,