HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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C’est, du reste, ainsi que Palustre l’a fait remarquer, un magnifique hors-d’œuvre destiné sansdoute à compléter quelque habitation plus ancienne, tel le casino de l’hôtel d’Etienne de Mondrainville àCaen (voir pl. VI et Vil), plutôt qu’à servir lui-même d’habitation. Le pignon qui se voit à droite de notrepl. XXXI semble être justement un reste de l’ancienne demeure qu'aurait desservie le grand escaliermonumental contenu dans le pavillon de droite. Ce pavillon a tort grand air, d’ailleurs, avec ses trois étages etson comble élevé et rappelle le luxe des escaliers cher à tous nos constructeurs du xvi e siècle.
En même temps que l’on construisait cet escalier et que I on rhabillait à la mode nouvelle le vieuxpignon, on conçut sans doute le nouveau pavillon relié au reste des bâtiments par une galerie ajourée, sansépaisseur, disposition traditionnelle élans son principe, mais modifiée ici par le souci évident de taire de 1 ensembleune façade régulière et monumentale. On v développa le parti nouveau des arcades en plein cintre à la romaine,soutenues par des couples de colonnes, doriques au rez-de-chaussée, ioniques à l’étage, séparées par une triseoù les motifs classiques des bucrànes et des patères alternèrent avec les triglyphes. Nous sommes loin del’architecture qui s’épanouit au début du règne de François 1 er , dans les châteaux de la Loire, sans que rien pour-tant ici rappelle le style classique qui se développe un peu plus tard dans l’Ile-de-France autour des châteauxrovaux. On penserait plutôt là-devant à certaines créations classiques du Sud du Plateau central comme le château de
Bournazel dans l’Aveyron, avec ses bâtiments datés de 1 5q5 etsurtout sa galerie inachevée sans doute un peu plus tardive.
Des consoles avec personnages vaguementmythologiques ornent les angles du pavillon et montrentencore un peu de fantaisie et de pittoresque, tandis queles lucarnes, que Palustre critique avec juste raison, sontd’un style asssez lourd et peu logique où se sent déjàl’esprit de la fin du xvi* siècle, si bien qu’on est amenéà se demander si elles n’auraient pas été ajoutées un peupostérieurement à la construction.
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Bibliographie : Palustre : La Renaissance en France,300-301, pl. — Congrès archéologique de France, 1894.
III,
PL XXXIV.
Riom.
Hôtel d’Arnoux.
bâtiment modernisé deque se découvre cette
Fig. 19. — Riom : IIotei. d’Arnoux. Œil-de-bœuf
reporter l’exécution jusqu’au xvu e . Mais la
C’est au revers d’unla rue de l’Horloge ( n° 7 )
petite cour abondamment et luxueusement décorée.La maison que l’on appelle parfois Maison de l'Horlogeest désignée couramment sous le nom d ’Hôtel J'Arnoux.
La qualité des décorations et l’ordonnance régu-lière du fond de la cour (partie gauche de notre planche)dénotent bien dès l’abord une date avancée dans lexvi* siècle, on est même tenté au premier abord d’engalerie étroite qui rejoint, comme les anciennes coursières, lesdeux corps de bâtiment est très typique encore comme parti et comme décor, de la seconde moitié du xvi*.
Ici cette galerie au lieu d’être ajourée, comme en tant d’autres constructions analogues, est fermée parun mur plein au rez-de-chaussée, et, au premier étage, les baies géminées en plein cintre que séparent de légerspilastres ioniques semblent bien avoir toujours comporté les vitrages que l’on v voit actuellement.
Le mur du rez-de-chaussée est percé d’une porte unique qu’encadrent deux colonnes toscanessurmontées d’un entablement surmonté d’un fronton cintré, le tout assez trapu et lourd. Dans ce frontons’inscrit un motif dont la facture énergique rappelle celle des tympans gothiques ou Renaissance des maisons deMontferrand. De plus, deux œils-de-bœuf latéraux qui éclairent le couloir s’ornent d’arabesques compliquées,où s’enlacent les cuirs découpés, les guirlandes de fruits, les masques et les figures de génies nus dans unrythme abondant, très familier à l'école de Fontainebleau et aux décorateurs qui ont suivi ses exemples.Nous en donnons l’un ci-contre, qui offre un spécimen typique de ce style.
Bibliographie : Congrès archéologique de France, 1895, p. 60.