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3 [1913]
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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

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Cest, du reste, ainsi que Palustre la fait remarquer, un magnifique hors-dœuvre destiné sansdoute à compléter quelque habitation plus ancienne, tel le casino de lhôtel dEtienne de Mondrainville àCaen (voir pl. VI et Vil), plutôt quà servir lui-même dhabitation. Le pignon qui se voit à droite de notrepl. XXXI semble être justement un reste de lancienne demeure qu'aurait desservie le grand escaliermonumental contenu dans le pavillon de droite. Ce pavillon a tort grand air, dailleurs, avec ses trois étages etson comble élevé et rappelle le luxe des escaliers cher à tous nos constructeurs du xvi e siècle.

En même temps que lon construisait cet escalier et que I on rhabillait à la mode nouvelle le vieuxpignon, on conçut sans doute le nouveau pavillon relié au reste des bâtiments par une galerie ajourée, sansépaisseur, disposition traditionnelle élans son principe, mais modifiée ici par le souci évident de taire de 1 ensembleune façade régulière et monumentale. On v développa le parti nouveau des arcades en plein cintre à la romaine,soutenues par des couples de colonnes, doriques au rez-de-chaussée, ioniques à létage, séparées par une trise les motifs classiques des bucrànes et des patères alternèrent avec les triglyphes. Nous sommes loin delarchitecture qui sépanouit au début du règne de François 1 er , dans les châteaux de la Loire, sans que rien pour-tant ici rappelle le style classique qui se développe un peu plus tard dans lIle-de-France autour des châteauxrovaux. On penserait plutôt-devant à certaines créations classiques du Sud du Plateau central comme le château de

Bournazel dans lAveyron, avec ses bâtiments datés de 1 5q5 etsurtout sa galerie inachevée sans doute un peu plus tardive.

Des consoles avec personnages vaguementmythologiques ornent les angles du pavillon et montrentencore un peu de fantaisie et de pittoresque, tandis queles lucarnes, que Palustre critique avec juste raison, sontdun style asssez lourd et peu logique se sent déjàlesprit de la fin du xvi* siècle, si bien quon est amenéà se demander si elles nauraient pas été ajoutées un peupostérieurement à la construction.

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Bibliographie : Palustre : La Renaissance en France,300-301, pl. Congrès archéologique de France, 1894.

III,

PL XXXIV.

Riom.

Hôtel dArnoux.

bâtiment modernisé deque se découvre cette

Fig. 19. Riom : IIotei. dArnoux. Œil-de-bœuf

reporter lexécution jusquau xvu e . Mais la

Cest au revers dunla rue de lHorloge ( n° 7 )

petite cour abondamment et luxueusement décorée.La maison que lon appelle parfois Maison de l'Horlogeest désignée couramment sous le nom dHôtel J'Arnoux.

La qualité des décorations et lordonnance régu-lière du fond de la cour (partie gauche de notre planche)dénotent bien dès labord une date avancée dans lexvi* siècle, on est même tenté au premier abord dengalerie étroite qui rejoint, comme les anciennes coursières, lesdeux corps de bâtiment est très typique encore comme parti et comme décor, de la seconde moitié du xvi*.

Ici cette galerie au lieu dêtre ajourée, comme en tant dautres constructions analogues, est fermée parun mur plein au rez-de-chaussée, et, au premier étage, les baies géminées en plein cintre que séparent de légerspilastres ioniques semblent bien avoir toujours comporté les vitrages que lon v voit actuellement.

Le mur du rez-de-chaussée est percé dune porte unique quencadrent deux colonnes toscanessurmontées dun entablement surmonté dun fronton cintré, le tout assez trapu et lourd. Dans ce frontonsinscrit un motif dont la facture énergique rappelle celle des tympans gothiques ou Renaissance des maisons deMontferrand. De plus, deux œils-de-bœuf latéraux qui éclairent le couloir sornent darabesques compliquées, senlacent les cuirs découpés, les guirlandes de fruits, les masques et les figures de génies nus dans unrythme abondant, très familier à l'école de Fontainebleau et aux décorateurs qui ont suivi ses exemples.Nous en donnons lun ci-contre, qui offre un spécimen typique de ce style.

Bibliographie : Congrès archéologique de France, 1895, p. 60.