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H O T K L S Kl MAISONS DE LA RENAISSANCE
PL XXIX. — Poitiers. — Maison, 9, rue du Marché.
Cette maison, d’assez peu postérieure à celle de Loches, représente certainement le développementdes mêmes principes. La régularité et Incorrection s’y accusent même avec une certaine monotonie. Les fenêtressont bien proportionnées par rapport aux pilastres, qui se superposent correctement : le dorique étaitcertainement réservé au rez-de-chaussée (aujourd’hui mutilé), l’ionique apparaît au premier, le corinthienau second ainsi qu’à la lucarne. Celle-ci est d’un dessin très typique avec ses deux pilastres encadrant unebaie cintrée et son fronton triangulaire soutenu par des modillons.
Les linteaux des fenêtres du premier étage portent, en leur centre, au milieu d’une décoration trèscorsée de cuirs, de guirlandes, de masques grimaçants et de mufles de lions, 'des cartouches queremplissent à droite et à gauche des inscriptions de caractère religieux : Hoc est refugion meum — In dhoconfido , qui ont fait supposer à certains auteurs, bien gratuitement du reste, que la demeure fut celle d’unprotestant. Dans ces deux cartouches se lit aussi la date de 1.557.
Des trois cartouches du milieu, le premier à gauche porte des armoiries, les deux autres sontnus. D’après les armoiries conservées qui sont celles de la famille poitevine des Chambon, 1 d’azur à la tourd’argent) on a conclu que la maison fut construite pour un membre de cette famille qui compta un maire dePoitiers au xvi' siècle. Mais encore faudrait-il prouver que ce cartouche latéral n’indiquait pas simplement unealliance, tandis que les armes du constructeur auraient figuré dans le cartouche central aujourd’hui gratté.
Bibliographie : Léon Palustre : Les Maisons de la Renaissance à Poitiers, dans Robuchon : Paysages et Monuments du Poitou.— A. Bouvenne : Poitiers ancien et moderne , 1896, p. 92. — A. de la Bouralière : Congrès archéologique de France , 1903. — Brothier deRolière : Nouveau Guide du voyageur à Poitiers , 1907, p. 203-204. — Labbé de la Mauvinière : Poitiers et A ngoulême ( Villes d’art célèbres),1908, p. 68.
PL XXX. — Poitiers. — Hôtel de Rochefort, 102, Grande Rue.
Cet hôtel qui comprend deux corps de bâtiments absolument distincts séparés par une grande cour,ne date que de la fin du xvL siècle ; mais la possession du terrain remonte à une donation faite par Louis XI àJehan du Moulin, sieur de Rochefort. La vieille maison, où François l' r fut logé en i 5 iq, disparut au cours duxvi* siècle et fut remplacée par les constructions actuelles.
Nous ne nous intéresserons ici qu’à celle qui borde la rue et qui montre sur sa façade l’emploi du motifdécoratif des bossages. Nous en donnons ici le revers qui laisse voir le large passage de la porte cochère etsurtout un pavillon d’escalier saillant d’une très jolie silhouette. Mais, malgré le caractère nouveau decette construction régulière et le plan carré de l’escalier, il faut noter cependant la persistance typique de lavis en spirale à l’intérieur.
La décoration devient extrêmement sobre ; de belles volutes feuillagées accotent les lucarnes, un masquede femme parait à la clef de voûte de la porte et c’est à peu près tout. Tandis qu’ailleurs, la Renaissance finissantese noie dans un flot intarissable de décorations superflues, ici, c’est déjà la forte sobriété de l’architectureHenri IV et Louis XIII qui s’annonce.
Bibliographie : Voir la notice précédente.
Pl. XXXI à XXXIII. — La Rochelle. — Maison Henri II, 10, rue des Augustins.
Les maisons de la Renaissance de La Rochelle, généralement du reste assez tardives, sont loin d’avoirles qualités d’élégance et de correction classique de celle-ci qui a été acquise par la Ville et restaurée il y a unevingtaine d’années. 11 ne faut pas cependant se laisser abuser par les noms de Maison de Henri II ou de Dianede Poitiers , qu’on lui donne fréquemment comme à tant d’autres et lui croire une très illustre origine. Elle futbâtie probablement par Hugues Pontard, seigneur de Champdeniers qui fut juge à la cour du Scel en i 5 i 8 ,procureur du roi en 1027, échevin en i 5 qi et qui mourut en 1 565 . Aucun renseignement précis ne permet dedater la construction. Il est vraisemblable toutefois, d’après son stvle, qu’elle fut élevée dans les premières annéesdu règne de Henri IL