HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
l5
rue par un porche, mais qui bénéficie comme jour et comme aération de la ruelle voisine dont elle n’ést séparéeque par un mur assez bas.
Le pavillon comprend une grande salle à chaque étage; le corps principal en comprend deux, séparéesaujourd’hui par un couloir droit; on pourrait se demander si la création de ce couloir n’est pas plus moderne;mais la distribution des fenêtres de la façade postérieure semble bien indiquer qu’elle est originale. Ce serait unexemple très curieux, s’il est ancien, d’un essai de dégagement des appartements à la moderne. La dispositionde l'escalier aussi est à noter. Il a été refait mais la cage est ancienne et prouve qu’il était certainement, dèsl’origine, à rampes droites avec des paliers qui dégageaient les deux appartements.
Il faut remarquer aussi au premier étage ce petit cabinet qui se loge dans une tourelle élevée sur unetrompe suivant le procédé cher à Philibert de l’Orme dont il semble que les exemples et les principes exposésdans ses livres d’architecture, sinon les conseils personnels, aient été suivis ici par l’architecte tourangeau.
Ce qui est bien aussi dans l’esprit de Philibert de l’Orme c’est lasobriété générale de l’ornementation qui a peut-être pu souffrir çà et là,mais dont le parti pris paraît avoir été dès l’origine de la plus austèresimplicité.
Bibliographie : Ch. de Grandmaison : Tours Archéologique , p. 228. — Guéritte : Levieux Tours : PI. 84. — P. Vitry : Tours et les Châteaux de Touraine : p. 92-93. — G. de Cléram-bault : Tours qui disparaît : 1912, pl. XIV, p. 15.
Nous devons la communication du plan ci-joint ainsi que celle du suivant àl’amicale obligeance de M. Hardion, architecte des Monuments historiques.
Pl. XXV. — Tours.— Hôtel Robin Quantin, I e ), rue Paul-Louis-Courier.
L’ancienne rue des Carmes qui descendait de la Grande Rue vers laLoire est encore bordée d’hôtels anciens des plus curieux et des mieuxconservés : c’est, au n° 10, celui que nous avons publié dans notre premiervolume (pl. LXXXIY) et qui a été reconnu depuis lors pour avoir appartenuà la grande famille tourangelle des Binet; c’est, au n° 17, la maison que Ch. deGrandmaison avait désignée pour avoir été celle de Jean Lopin, beau-père dudernier des Juste (elle apparaît à gauche de notre planche, au premier plan, avecses couronnements de fenêtres de la première Renaissance et son joli linteau deporte aux fines arabesques). Mais à la suite apparaît une construction bien plusimportante par sa masse et son intégrité.
C’est l’hôtel que se firent construire, si l’on en croit un mémoire publiéen 1900 dans le Bulletin de la Société archéologique de Touraine, CharlesRobin et Marie Quantin, sa femme, qui appartenaient tous les deux à de bonnesfamilles de marchands de soie de Tours. Leurs initiales figurent en plusieursendroits dans la décoration de l’immeuble qu’ils firent élever aux environs dela date de leur mariage, date qui ne nous est pas connue, mais qui peut se
Fig. 17. — Tours: Hotei. RobinQuantin. Plan du rez-de-chaussée
placer vers 1690. Charles Robin devait vivre jusqu’en 1640. On a retrouvé un acte de partage daté decette année par lequel l’immeuble passa à Jacques Barrin de Rezé, son petit gendre, “conseiller du roy enson conseil d’état”.
L’aménagement, la construction en avaient pu être modifiés et complétés pendant le demi-siècle queCharles Robin l’occupa. De fait, certaines parties semblent plutôt appartenir au style qui fleurissait sousLouis XIII. Mais le parti essentiel du plan rappelle exactement, dans des proportions un peu plus vastes, ceque nous venons de rencontrer rue des Cerisiers. Un corps de logis simple en profondeur occupe toute la largeurdu terrain, en an 1ère d une petite cour (celle qui se trouve au bas de notre plan) fermée sur la rue par un porche,lequel ici est surmonté d’un étage. La présence de cet étage visible au-dessus de la porte d’entrée dans notreplanche et 1 absence de la îuelle qui éclairait la cour tout a 1 heure donne à celle-ci, bien qu’elle soit un peuplus vaste, l’aspect d’un véritable puits.
Sur le côté, à droite cette fois, un pavillon vient rejoindre la rue, séparé du logis principal par un largeescalier à rampes droites qui se trouve intact et conserve même encore comme entrée de cave une belle porte en