ici, par des colonnes saillantes et là par des cariatides engainées, l’une d’homme, l’autre de femme. L’en-
vation des trois ordres différents enseignés par Vitruve. Mais cette ordonnance a quelque chose encore d’assezfactice; elle est toute décorative et vient se plaquer sur une façade avec laquelle elle se relie assez mal.
Bibliographie : A. Clerval : Chartres , sa cathédrale, ses monuments. Chartres, 1896, p. 187. — Sauvageot : Hôtels , Palais etChâteaux de France.
PI. XXIII. — Blois. — Maison, 1, rue Pierre de Blois.
La grande prospérité et la grande activité architecturale qui s’était manifestée à Blois pendant le pre-
tourelle de l’hôtel Hurault montrent cependant des morceaux qui peuvent être assez postérieurs aux grandstravaux du château; l’hôtel de la rue Chemonton, connu sous le nom d’hôtel de Guise, est aussi un exemplede style plus avancé et plus classique. Mais aucun autre morceau ne donne aussi complètement que celui-ci
dont il faisait l’angle, quelques fenêtres anciennes; mais il est difficile de dire si le morceau que nous repro-duisons accompagnait un ensemble du même goût ou si c’était un hors-d’œuvre ajouté sur un corps plusancien. Nous pencherions plutôt pour cette dernière hypothèse ( 1 ).
Le décor de cette porte est en tous cas très typique de l’emploi nouveau des éléments antiques, encoreassez mal combinés du reste et assez fantaisiste. Il est certain en effet que, si la porte elle-même avec son plein
cintre flanqué de ses deux pilastres nus, avec ses rosaces dans les écoinçons,est assez correcte, le couronnement qui encadre l’imposte et rejette très haut
personne qui la possédait vers le milieu du xvm e siècle : c’était un nommé Letort Robin, marchand-fabricant.
L’architecte, suivant une disposition déjà rencontrée à cette époque, plaça le corps principal de l’habi-
tation sur toute la largeur du terrain, un peu en arrière de la rue. mais il y ajouta un pavillon fort important quivint former pignon sur rue et ménagea cependant dans l’angle des deux bâtiments une petite cour fermée sur la
semble constitue une triple ordonnance de caractère très classique où l’architecte a négligé toutefois l’obser-
mier tiers du xv e siècle s’arrête vers le milieu du règne de François I er . La porte de l’hôtel de Jassaud, la
l’impression d’appartenir sans conteste à l’époque de Henri II. Il se trouve malheureusement sur la façaded’un immeuble très modernisé du bas de la rue Pierre-de-Blois. Cet immeuble présente encore sur la rue
COUR
5M PL XXIV. — Tours. — Hôtel, 7, me des Cerisiers.
un fronton trop petit, supporté par deux consoles trop grandes accompagnéesde ces deux volutes, en forme de profils de masques barbus et joviaux, n’estpas d’une architecture très savante. Une certaine puissance de verve décoratives’y remarque toutefois et une bonne volonté enthousiaste pour le renouvel-lement des thèmes gréco-romains que souligne peut-être l'inscription du lin-teau : USE VETERA NOVA , inscription que l’on a proposé ingénieusementde traduire : Avec le temps, ce qui était vieux redevient neuf.
Bibliographie : De la Saussaye : Histoire de Blois. — Bournon : Blois et Chambord(Villes d'art célèbres), p. 95.
C’est dans le voisinage immédiat de la maison de Pierre Dupuy,longuement analysée dans notre Tome I, que se trouve cette habitation, plusjeune de près d’un siècle, qui nous prouve tout d’abord que ce quartier deTours situé entre la basilique de Saint-Martin et la Loire, si déchu aujourd’hui,était encore à la fin du xvi e siècle un centre de grande bourgeoisie et d’habita-tions luxueuses.
Fig. 16. — Tours : Hotei.
7, rue des CerisiersPlan du rez-de-chaussée
Le terrain sur lequel est bâti cet hôtel dépendait en partie du fiefdu cellerier de Saint-Martin. On ne sait rien malheureusement de l’origine
de la demeure. M. de Clérambault a seulement rencontré aux Archives d’Indre-et-Loire le nom de la
(1). L’ensemble de cette porte a été, depuis que notre photographie a été prise, sensiblement restauré et une partie des
sculptures refaite.